1L’Europe est le continent majeur en science de la conservation, avec un très grand nombre d’acteurs : établissements patrimoniaux publics, universités et établissements d’enseignement supérieur, musées, bibliothèques, archives, institutions archéologiques, associations, coopératives, centres techniques, entreprises privées... Les coopérations entre ces acteurs sont nombreuses : coopérations bilatérales, réseaux européens et projets de recherche, soit dans le cadre des PCRD successifs (Programmes Cadres pour la Recherche et le Développement), soit à travers des actions COST (European Cooperation in Science et Technology), accueil de thésards, contrats de post-doctorat, chercheurs invités…
2La Commission européenne, par sa Direction Générale « Recherche », a, depuis 1989, soutenu une politique de diffusion des connaissances, de création de réseaux, de recherche collaborative, d’accès des chercheurs aux installations de recherche. Ceci s’est traduit par de nombreux appels d’offres. Michel Chapuis (Direction de la Recherche de la Commission Européenne) a publié une synthèse de ces projets. Environ 100 projets ont été financés sur la période allant de 1991 à 2009 dans le cadre des 3e au 7e PCRD1. Il est possible d’accéder au descriptif de ces projets sur la base Cordis2 qui constitue une source très riche pour nouer des collaborations et obtenir des résultats de recherche.
3Parallèlement, une structure intergouvernementale créée en 1971 dénommée COST (European Cooperation in Science et Technology)3, regroupant 36 pays, a financé des réseaux entre scientifiques européens, dont certains étaient dédiés aux thématiques « sciences et techniques au service du patrimoine culturel ».
4Le LRMF (Laboratoire de Recherche des Musées de France), qui avait alors le statut d’unité mixte de recherche CNRS/Ministère de la Culture (UMR 171), a participé, à l’initiative de Christian Lahanier, à plusieurs programmes de recherche4 sur la numérisation en haute définition des clichés photographiques et radiographiques, à la télétransmission des fichiers numériques résultant de ces travaux, à l’imagerie multi-spectrale, au traitement et à la fusion d’images. Cette série a commencé en 1989 avec les projets VASARI puis NARCISSE. La base de données résultant du projet NARCISSE est en ligne sur le site web du Ministère de la Culture (http://www.culture.gouv.fr/documentation/lrmf/pres.htm).
5Jean-Claude Dran, responsable de l’équipe AGLAE, a développé avec son équipe deux réseaux COST5. L’action COST G1, consacrée à « L’application de l’analyse par faisceaux d’ions aux objets d’art et archéologiques », lancée en 1992 par Michel Menu, était la première action COST consacrée à la recherche sur le patrimoine culturel, organisée peu de temps après le lancement d’AGLAE et constituée autour d’un noyau initial avec deux laboratoires de Florence et d’Oxford. Elle s’est déroulée sur 5 ans avec la participation d’institutions de 12 pays. Puis l’action COST G8, au spectre de techniques plus large « Analyse et examen non destructif d’œuvres de musée », de 2001 à 2005, comprenait 21 pays.
6Ces deux réseaux ont établi la notoriété de l’équipe AGLAE dans le monde de l’analyse élémentaire par faisceaux d’ions des œuvres et des matériaux du patrimoine culturel et ont permis de créer des liens forts avec des partenaires européens.
7Outre le LRMF, il faut signaler qu’en parallèle, le LRMH (Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques) et le CRCDG (Centre de Recherches sur la Conservation des Documents Graphiques, devenu depuis le CRCC) ont été impliqués également dans de nombreux programmes européens dans leur domaine de compétence respectif.
8L’Italie a été l’initiatrice d’un réseau national dédié à la science de la conservation, piloté par le CNR (Consiglio Nazionale delle Ricerche, équivalent du CNRS français) : Progetto finalizzato beni culturali (1996-2000). La France s’en est inspirée avec la création du réseau CHIMART, sous la forme d’un GdR (Groupement de Recherche) piloté par le CNRS, regroupant une trentaine de laboratoires (2000-2008), suivi par ChimARC (2008-2011), et qui a contribué à ouvrir les relations entre institutions patrimoniales, universités, écoles d’ingénieurs, laboratoires de recherche. En Espagne, le CSIC (Consejo Superior de Investigaciones Científicas, également équivalent du CNRS) a créé le Red de Ciencia y Tecnología para la Conservación del Patrimonio (http://www.rtphc.csic.es), qui est toujours actif.
9En 1999, se tint à Paris une réunion des Ministres en charge de la Recherche des pays membres du G7. À cette occasion, une visite du laboratoire du C2RMF, service à compétence nationale né l’année précédente de la fusion du LRMF et du Service de restauration des musées de France, a été organisée. À la suite de cette visite germa l’idée de mettre en commun les moyens et les talents d’institutions actives dans le domaine de la conservation du patrimoine, issues des pays participants. Les arguments majeurs avancés étaient que ces institutions travaillent sur des collections similaires dont le volume est considérable, que les budgets publics de recherche et développement ne sont pas croissants et qu’il existait des complémentarités de moyens et/ou de compétences entre les participants potentiels. De plus, dans ce domaine de recherche, il n’existe pratiquement aucun risque de conflit de propriétés intellectuelle ou industrielle. Enfin, il était vraisemblable que la Commission européenne pourrait regarder avec bienveillance une démarche collective structurée.
10À la suite de quoi, nos collègues italiens de l’Université de Pérouse, Antonio Sgamellotti et Bruno Brunetti, ont rédigé une première ébauche de ce qui allait devenir le réseau LabS TECH.
11Ce réseau, intitulé LabS TECH (Laboratories on Science and Technology for the Conservation of European Cultural Heritage – Ref.: HPRI-CT-2000-40018), a démarré en janvier 2001 et s’est terminé en juin 2004.
12Il a été coordonné par le Professeur Bruno Brunetti de l’Université de Pérouse – Département de Chimie.
13Onze institutions de 8 pays participèrent à ce réseau (voir détails dans l'introduction, Tableau 1).
Tableau I. Caractéristiques comparées des méthodes d’analyse utilisant des rayonnements ionisants
|
Comparative characteristics for elemental analysis with ionising radiations
|
|
Technique
|
Type of analysis
|
Mobile (Y/N)
|
Typical limit of detection (ex.: iron in ceramic matrix)
|
|
X-ray fluorescence/wavelength dispersion
|
on sample - surface (about 10 µm to 100 µm depth)
|
N
|
100 ppm
|
|
X-ray fluorescence/energy dispersion
|
on sample - surface (about 10 µm to 100 µm depth)
|
Y
|
0,05 to 0,1%
|
|
SEM-EDX
|
on sample - surface (about 1 µm to 10 µm depth)
|
N
|
100 ppm
|
|
PIXE
|
on the object - surface (some mm to some 100 mm depth)
|
N
|
5 ppm
|
|
SR-XRF
|
on the object - surface (about 10 µm to 1 mm depth)
|
N
|
5 ppm
|
|
PGAA
|
on the object - global
|
N
|
100 to 1000 ppm
|
|
XRD
|
on the object - grazing incidence - on sample - on crushed sample
|
Y
|
5%
|
14Les principaux objectifs ont été de :
-
collecter et diffuser l’information sur les institutions actives en Europe, dans les domaines de la recherche et de la mise en œuvre des techniques d’examen et d’analyse appliquées aux œuvres du patrimoine culturel, conduisant à une meilleure connaissance de la structure et de la composition des œuvres, des modifications ou altérations subies au cours du temps, permettant d’établir des bases scientifiques pour leur conservation et restauration.
-
accroître le niveau de la recherche, en favorisant le travail en commun pour améliorer l’efficacité globale, en particulier par le biais d’un accès facilité aux installations les plus performantes.
-
harmoniser les procédures, mettre au point et diffuser des pratiques recommandées, voire des normes.
-
former des jeunes scientifiques.
-
mettre sur pied des programmes de recherche et développement communs.
-
élaborer de nouveaux procédés et/ou matériaux pour la conservation-restauration des œuvres.
-
enfin, définir les bases de ce que pourrait être à moyen et long terme une structure de recherche européenne dédiée au patrimoine culturel, répartie, ouverte et intégrant des installations lourdes de recherche.
15Une enquête a été diffusée auprès de 225 institutions actives en recherche sur la conservation du patrimoine culturel. Au terme du projet, 114 institutions de 26 pays ont répondu à cette enquête. Les plus fortes contributions provenaient d’Italie, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni, de Grèce, du Portugal, de Belgique, d’Espagne, des États-Unis… Les institutions participantes étaient diverses : universités ou établissements d’enseignement supérieur, organismes publics de recherche, musées, institutions culturelles publiques, centres de restauration…
16Une base de données a été créée, rassemblant les principales caractéristiques de ces institutions : personnel affecté, types de collections concernées, matériaux étudiés, techniques mises en œuvre… Ces informations montrent que la palette des techniques est très vaste, que même les grands laboratoires ne peuvent mettre en œuvre toutes ces techniques, ce qui justifie donc l’intérêt du travail en réseau. Ce travail de recensement a été poursuivi dans le projet Eu-ARTECH (2004-2009).
17Un site internet a été créé, enrichi et mis à jour tout au long du projet6.
18De nombreuses institutions ont appris à se connaître et à travailler ensemble, à échanger des expériences, des collaborateurs, à parler un langage commun…
19Des documents de synthèse ont été élaborés et diffusés à propos de différentes thématiques : analyse des alliages à base de cuivre, analyse des pigments, analyse des liants organiques, caractérisation de la pierre, recensement des collections de matériaux de référence disponibles, inventaire des protocoles d’examen des œuvres avant restauration, ainsi que des protocoles de restauration (peintures de chevalet, peintures murales, œuvres en métal, œuvres en pierre)…
20Une collaboration avec le Museum of Fine Arts (Boston) a été initiée, ayant comme objectif une extension et une « européanisation » de CAMEO7 (Conservation and Art Materials Encyclopaedia Online). Cette action sera poursuivie dans le cadre des projets Eu-ARTECH, puis CHARISMA (voir l’article de M. Derrick dans ce volume).
21LabS TECH a participé à l’élaboration du programme de travail du nouveau Comité Technique du CEN (CEN/TC-346) qui, désormais, élabore des normes européennes dans le domaine de la conservation du patrimoine culturel. Depuis sa première réunion de travail en juin 2004, ce comité a édité un nombre significatif de normes (13 publiées, 8 en circulation pour approbation, 1 en cours de rédaction).
22Les initiateurs de LabS-Tech ont réalisé un bilan des techniques d’examen et d’analyse mises en œuvre dans ce domaine, et ont défini deux axes à explorer :
-
ouvrir l’accès à des installations lourdes repoussant les limites de détection en analyse ou fournissant de nouvelles informations sur la composition des objets, la provenance des matériaux… (AGLAE puis FIXLAB).
-
mettre à disposition des conservateurs et/ou des restaurateurs des appareils portables ou transportables permettant d’effectuer des mesures sur des chantiers de fouilles archéologiques, dans les monuments historiques, les musées, bibliothèques, salles d’archives, ateliers de restauration (MOLAB).
23Pour Eu-ARTECH (2004), AGLAE, seul accélérateur déjà dédié aux méthodes d’analyse par faisceau d’ions (IBA, PIXE, RBS…) des œuvres du patrimoine culturel a permis d’ouvrir le champ des méthodes de laboratoire conventionnelles (FRX, DRX, MEB-EDS…). Les limites de détection en analyse élémentaire sont significativement améliorées (par exemple la limite de détection du fer dans une matrice céramique passe de 100 ppm en FRX conventionnelle à 5 ppm en analyse PIXE). On peut s’intéresser à la micro-analyse (mesure sur un spot de 20 à 30 mm2), effectuer des analyses de surface, accroître le domaine expérimental en allant vers les éléments à numéro atomique faible (Na, Mg, Al…).
24Dans le cadre de CHARISMA (2009), FIXLAB a été étendu à d’autres installations :
-
un synchrotron (SOLEIL et la plateforme IPANEMA) qui délivre des faisceaux de photons monochromatiques (de l’infrarouge lointain aux photons X de 80 keV), focalisés et intenses (jusqu’à 10 milliards de fois plus brillants que les meilleurs tubes X utilisés en AFX), permettant de mener des études de spéciation, de composition et de structure, d’aller plus loin en limite de détection et/ou sur des volumes d’examen plus petits (cartographie, micro-tomographie…).
-
un réacteur nucléaire de recherche (BNC) délivrant des faisceaux de neutrons dont les modes d’interaction avec la matière sont totalement différents de ceux des photons X ou des particules chargées (protons, deutons…) offrant une gamme de possibilités d’exploration de la composition ou de la structure des œuvres. Ainsi, la spectrométrie des photons gamma prompts émis lors de réactions (n,g) permet des analyses élémentaires globales. Tandis que la diffraction neutronique (diffusion élastique) permet de fournir des indications sur les propriétés structurales (morphologie cristalline/amorphe, répartition des phases, contraintes mécaniques, impuretés) de métaux, verres, roches et ainsi de remonter à leur mode d’élaboration. La neutronographie ou la tomo-neutronographie permettent d’obtenir dans certains cas des informations différentes et complémentaires de celles fournies par la radiographie X ou gamma.
25Le tableau I donne les principales caractéristiques de ces méthodes d’analyse.
26Dans le domaine du patrimoine culturel, il existait un manque. Soit les appareils étaient peu adaptés, soit la communauté conservation/restauration était peu familiarisée à des techniques existantes potentiellement utilisables. Or les mesures sur site (chantiers de fouilles, monuments historiques, musées, bibliothèques, salles d’archives, ateliers de restauration) présentent un réel intérêt.
27Dans le cadre de Eu-ARTECH, puis de CHARISMA, MOLAB a donc visé à adapter et mettre à disposition des matériels divers (analyse élémentaire, analyse moléculaire, imagerie à diverses longueurs d’onde…) mises en œuvre par des équipes maîtrisant ces techniques et familières des problématiques du patrimoine culturel.
28MOLAB a aussi innové en mettant en œuvre des outils nouveaux développés dans la partie R&D des projets Eu-ARTECH et CHARISMA (mini-tomographe de résonance magnétique nucléaire, spectromètre infrarouge/Raman, analyseur de fluorescence de rayons X/diffractomètre de rayons X…).
29Au cours des très nombreuses campagnes menées à bien par des équipes très diverses, l’expérience accumulée avec tous ces outils, ajoutée à la grande diversité d’œuvres, de matériaux, de conditions d’emploi… a ouvert et validé un champ nouveau de pratiques.
30À partir des résultats obtenus dans le cadre de LabS TECH, en tenant compte de l’état de développement des techniques, des synergies existantes entre certaines institutions, un nouveau projet de 5 ans, intitulé Eu-ARTECH (Access Research et Technology for the Conservation of the European Cultural Heritage) a été approuvé, coordonné par l’Université de Pérouse, en tant qu’« Initiative d’Infrastructure Intégrée » du 6e PCRD.
31Le coordonnateur du projet était le Professeur Bruno Brunetti, Université de Pérouse (Italie), Département de Chimie. Treize institutions de 7 pays étaient membres du consortium (voir détails dans l’introduction, Tableau I).
32L’objectif de ce projet était de constituer un réseau permanent opérationnel entre les différents partenaires afin d’établir des coopérations et des échanges de savoirs avec l’ensemble des institutions de recherche et de conservation européennes. Y collaborent physiciens, chimistes, spécialistes des matériaux, conservateurs, archéologues, historiens d’art, restaurateurs... Le projet se structure autour de trois activités, la mise en réseau des connaissances et des bonnes pratiques, l’accès transnational à des équipements scientifiques de pointe, et les recherches coordonnées visant à renforcer et améliorer l’accès transnational.
33Eu-ARTECH vise à promouvoir et échanger les connaissances, diffuser de bonnes pratiques en matière de conservation, définir des protocoles communs, contribuer à l’élaboration de normes européennes...
34À la fin du projet, 600 correspondants de 363 institutions réparties sur 47 pays (des 5 continents) étaient enregistrés sur la liste de diffusion: universités ou établissements d’enseignement supérieur, établissements publics de recherche, musées, institutions publiques patrimoniales, ateliers de restauration, constructeurs d’instrumentation, bibliothèques, collectivités territoriales…
35L’enquête débutée dans le cadre de LabS TECH, relative aux techniques d’examen et d’analyse des œuvres et des matériaux constitutifs a été étendue et mise à jour tout au long du projet. À son terme, 151 institutions ou entreprises ont contribué à l’élaboration de cette base de données. Le tableau II donne la liste et la fréquence d’utilisation des techniques les plus utilisées (114 au total).
Tableau II. Fréquence d’utilisation des techniques
|
Most frequently used techniques (LabS TECH and Eu-ARTECH
|
|
Rank
|
Technique
|
Frequency
|
|
1
|
Reflection Light Microscopy
|
107
|
|
2
|
Transmission Light Microscopy
|
99
|
|
3
|
Classical Visible Light Digital Photography
|
91
|
|
4
|
Scanning Electron Microscopy (SEM)
|
89
|
|
5
|
Classical Visible Light Silver Emulsion Photography
|
73
|
|
6
|
Infrared Spectrometry
|
73
|
|
7
|
Visible and Ultraviolet Spectrometry
|
60
|
|
8
|
Diffractometry
|
57
|
|
9
|
Standard Colorimetry
|
57
|
|
10
|
Ultraviolet Fluorescence Photography
|
57
|
|
11
|
Powder Diffractometry
|
56
|
|
12
|
Low HV (<150kV) X-ray Radiography
|
53
|
|
13
|
Environmental Weathering Tests (Chambers)
|
52
|
|
14
|
Infrared Spectrometry Microscopy
|
52
|
|
15
|
Digitisation and Image Archiving
|
49
|
|
16
|
Gas Chromatography (GC)
|
43
|
|
17
|
High Performance Liquid Chromatography (HPLC)
|
42
|
|
18
|
Gas Chromatography - Mass Spectrometry (GC-MS)
|
41
|
|
19
|
Infrared Silver Emulsion Photography
|
41
|
|
20
|
Differential Thermal Analysis (DTA / TG / DTG)
|
40
|
|
21
|
X-ray Fluorescence Analysis - X-ray Tube - Laboratory Fixed Instrument
|
39
|
|
22
|
Universal Mechanical Testing
|
39
|
|
23
|
Low Angled Photography
|
39
|
|
24
|
Infrared Reflectography Electronic Camera
|
39
|
|
25
|
Spectro-Photo-Colorimetry
|
38
|
|
26
|
Accurate Colour High Resolution Digital Photography
|
36
|
|
27
|
High voltage (150 < HV < 450 kV) X-ray Radiography
|
33
|
|
28
|
Ion Chromatography
|
32
|
|
29
|
Raman Spectrometry
|
32
|
|
30
|
X-ray Fluorescence Analysis - X-ray Tube - Portable
|
30
|
|
31
|
Thin Layer Chromatography (TLC)
|
29
|
|
32
|
Atomic Emission spectrometry (ICP-AES)
|
28
|
|
33
|
Electron Microprobe
|
27
|
|
34
|
Atomic Absorption Analysis (AAA)
|
26
|
|
35
|
Environmental Natural Weathering Tests (Outdoor)
|
26
|
|
36
|
Pyrolysis Gas Chromatography (Py-GC)
|
22
|
|
37
|
Mercury Porosimetry
|
22
|
|
38
|
Particle Induced X-ray Emission (PIXE)
|
21
|
|
39
|
Pyrolysis Gas Chromatography - Mass Spectroscopy (Py-GC-MS)
|
18
|
|
40
|
Environmental Scanning Electron Microscopy (ESEM)
|
18
|
Enquête effectuée dans le cadre des projets européens LabS TECH et Eu-ARTECH. (N.B. : 114 techniques mentionnées par 151 institutions participantes).
36Pour valoriser ses résultats, Eu-ARTECH a organisé des conférences internationales, des écoles pratiques et des séminaires thématiques, dont la majorité a fait l’objet de publications12 à 20. Pour d’autres, des documents sont accessibles sur le site web du projet11. Les principaux sujets traités ont été les techniques d’analyses non destructives, l’analyse des colorants, les applications de la résonance magnétique nucléaire (RMN) dans le domaine du patrimoine culturel, les techniques de la peinture ou des céramiques de Della Robbia, ou encore les méthodes de monitoring des surfaces architecturales.
37Lors de la réunion finale du projet dans les locaux de l’ICN, à Amsterdam, les participants ont présenté en fonctionnement tous les outils d’examen ou d’analyse mis en œuvre lors des différentes campagnes de mesure sur sites et ceux développés dans les actions de recherche, ceci sur des œuvres réelles, ainsi que des posters sur toutes les autres activités menées à bien dans le cadre du projet. Cette journée était ouverte à la presse, aux institutionnels et aux étudiants.
38Le partage de connaissance et de bonnes pratiques comportait également l’établissement de protocoles d’identification et d’analyse de colorants et de certains composés organiques, ainsi que la rédaction par un collectif d’un Manuel à l’usage des restaurateurs, consacré aux Examens scientifiques pour l’étude des peintures21.
39Deux accès transnationaux sont offerts par des partenaires du projet à des utilisateurs européens :
-
AGLAE (Accélérateur Grand Louvre pour l’Analyse Élémentaire du C2RMF) destiné à l’ensemble des méthodes d’analyse par faisceaux d’ions, seul accélérateur au monde dédié au patrimoine culturel, où des équipes européennes non françaises ont pu bénéficier de 20 % du temps de faisceau, afin d’effectuer des analyses PIXE, PIGE, RBS (fig. 1).
-
MOLAB, bouquet de 10 instruments d’analyse portables ou transportables, mis au point ou adaptés par des laboratoires de recherche italiens (Université de Pérouse ; ICVBC, OPD et INOA à Florence), qui ont pu être utilisés sur des sites européens (monuments historiques, musées, bibliothèques, ateliers de restauration, chantiers de fouilles archéologiques…), afin d’effectuer des campagnes de mesure par des équipes de recherche en association avec les utilisateurs du monde du patrimoine : spectromètre infrarouge à fibres optiques, micro-spectromètre Raman, réflectomètre infrarouge, micro-profilomètre laser, analyseur par fluorescence X, mini-tomographe RMN (résonance magnétique nucléaire), scanner infrarouge, instrument de mesure de résistance au percement (DRMS), spectromètre de fluorescence UV-VIS à fibres optiques, spectromètre de fluorescence dans le visible.
Fig. 1. Fibule mérovingienne provenant du site de Wittislingen et conservée à la Archäologische Staatssammlung de Munich
Les grenats incrustés sont analysés par la méthode PIXE sur AGLAE pour déterminer leur provenance.
© C2RMF/T. Calligaro.
40Ce concept est une « première », au niveau des programmes de recherche européens et a probablement été un argument décisif dans le choix de la Commission.
41Les campagnes de mesure se font après appels à propositions, qui sont évaluées et sélectionnées par un comité d’experts extérieurs au consortium (voir l’article C. Pacheco dans ce volume). Le nombre de jours de travail utiles pour les utilisateurs, sur la durée du projet, pour l’ensemble AGLAE et MOLAB, a été de 540. 105 études ont été réalisées et le nombre total d’utilisateurs a été de 305. Des équipes utilisatrices de 20 pays ont profité de ces campagnes (voir fig. 3 pour le détail de la répartition). On notera la forte participation d’équipes d’Italie, du Royaume-Uni et d’Allemagne.
Fig. 2. Appareillage de diffraction de rayons X et fluorescence X développé dans le cadre de Eu-ARTECH en position d’analyse devant une peinture murale du xiiie siècle de la cathédrale de Chartres
© LRMH/V. Detalle.
Fig. 3. Représentation du taux de projets par pays pour l’activité de a) MOLAB et b) AGLAE
42Outre les origines géographiques des équipes utilisatrices et le succès quantitatif rencontré lors des appels d’offres, il faut souligner l’efficacité et la disponibilité des équipes d’AGLAE et de MOLAB, la grande diversité des types d’œuvres étudiées et la grande diversité des matériaux analysés.
43Parmi les thématiques retenues, on peut citer le développement et la validation d’instruments d’examen ou d’analyse portables ou transportables tels que la tomographie par résonance magnétique nucléaire (RWTH), l’imagerie multi-spectrale (INOA et OADC), la micro-spectrométrie Raman couplée à la spectrométrie de fluorescence dans le visible (Uni Pg). Le C2RMF a eu en charge la conception et la mise au point d’un système portable couplant analyse par fluorescence X et diffractométrie X23 (voir l’article de J. Castaing et al. dans ce volume) (fig. 2).
44Il faut également mentionner la mise au point de nouveaux traitements de conservation pour des œuvres exposées en plein air : suivi de la corrosion du bronze (BLfD et LNEC), détérioration de la pierre (ICVBC, OPD et LNEC).
45L’une des études collaboratives les plus intéressantes a été animée par Maarten van Bommel (ICN) et Jo Kirby (NGL) consacrée à la redécouverte des recettes de colorants naturels bleu (indigo), jaune (carthame, gaude, genêt des teinturiers) et rouge (bois du Brésil, cochenille, garance) et leur procédé de fixation sur différentes fibres textiles ou leur utilisation pour la production de laques22.
Tous ces échanges et ce travail en commun pour un patrimoine commun n’ont pu se réaliser que grâce à l’énergie communicative de Bruno Brunetti et à la participation amicale de :
S. Bittner, B. Blümich, S. Bracci, T. Calligaro, L. Cartechini, J. Castaing, Y. Chryssoulakis, J. Delgado, M. Derrick, A. de Tagle, J.-C. Dran, M.-D. Gayo, C. Higgitt, I. Joosten, J. Kirby, G. Lanterna, M. Mach, M. Matteini, M. Menu, C. Miliani, J. Mimoso, B. Moignard, L. Pezzati, J. Perlo, L. Pichon, D. Pinna, A. Pinto, S. Röhrs, A. Roy, J. Salomon, M. Schreiner, A. Sgamellotti, R. Snethlage, S. Sotiropoulou, M. Spring, L. Toniolo, M. van Bommel, M. van Bos, I. Vanden Berghe, J. Wadum et d’autres. Qu’ils en soient tous remerciés.