Skip to navigation – Site map

HomeNuméros44-1Éditorial

Full text

1L’attractivité de nombreuses destinations touristiques dépend étroitement de leur climat et de leurs conditions météorologiques (Scott et al., 2019). Pourtant, un paradoxe existe : les espaces où le tourisme parvient à extraire le plus de valeurs sont aussi parmi les espaces les plus vulnérables aux effets du changement climatique, à l’image des territoires de montagne où la baisse de l’enneigement menace l’existence des économies des sports d’hiver (Hock et al., 2019) ou encore des territoires littoraux, où l’érosion, la montée des eaux et le réchauffement des eaux de surface menacent tant les infrastructures que les activités touristiques (Lapointe et al., 2015 ; Rufin-Soler et Meur-Férec, 2024).

2Historiquement, le développement du tourisme moderne s’inscrit dans la trajectoire de la révolution industrielle et s’est continuellement nourri des progrès techniques, en particulier ceux liés à la mobilité. Les premières formes de tourisme de masse des élites occidentales, tout comme l’essor des stations touristiques, se sont appuyées sur le chemin de fer et la machine à vapeur, alimentés par la combustion du charbon (Gyr, 2010). Par la suite, la généralisation de l’automobile individuelle et la disponibilité d’un pétrole bon marché ont favorisé la diffusion d’un tourisme de masse à plus grande échelle (Gierczak, 2012). Enfin, l’expansion du transport aérien civil, facilitée par la dérégulation du secteur (Fayolle 2003) et les progrès de l’aéronautique, a entraîné une croissance rapide du tourisme international durant la seconde moitié du XXᵉ siècle. Cette dynamique est si marquée que le tourisme international est aujourd’hui identifié comme l’une des douze tendances majeures de la « Grande Accélération », cette amplification brutale, depuis le milieu du XXᵉ siècle, des processus d’origine humaine qui modifient profondément l’environnement terrestre (Steffen et al., 2015 ; Latour, 2023).

3Le secteur touristique constitue ainsi un contributeur significatif aux changements climatiques, du fait de ses émissions de gaz à effet de serre, estimées à environ 8 % des émissions mondiales (Lenzen et al., 2018). Bien que les engagements en matière de réduction de ces émissions soient anciens et régulièrement renouvelés (Scott et Gössling, 2015), leurs effets demeurent limités, voire improbables dans certains sous-secteurs, notamment celui de l’aviation (Gössling et Humpe, 2024). Cette situation incite les territoires touristiques les plus vulnérables à se tourner vers des stratégies d’adaptation visant à s’ajuster au climat actuel ou futur, ainsi qu’à ses conséquences (GIEC, 2018). L’objectif est d’atténuer les impacts négatifs sur l’attractivité des destinations tout en exploitant d’éventuelles opportunités. Toutefois, certaines de ces démarches d’adaptation peuvent se révéler contre-productives, en renforçant la dépendance ou la vulnérabilité des destinations face aux changements climatiques : on parle alors de maladaptation (Schipper, 2020). Ces maladaptations risquent, à terme, d’accentuer les risques qu’elles prétendent diminuer.

4C’est dans ce contexte complexe, où s’entremêlent la responsabilité du secteur, ses vulnérabilités et l’urgence d’agir pour de nombreux acteurs de terrain, que s’inscrivent les contributions de ce numéro de Téoros sur l’adaptation du tourisme aux changements climatiques. Quatre articles et un entretien avec deux gestionnaires et propriétaires de petite et moyenne entreprise (PME) en tourisme permettent d’explorer une partie de ce que recouvre cette adaptation aux changements climatiques.

5L’article de Roxane Toumia souligne le paradoxe d’un tourisme vulnérable aux effets des changements climatiques, mais qui, dans un même temps, les nourrit de l’impact des mobilités aériennes. À travers le concept de motilité, son enquête qualitative réalisée en Belgique auprès de vingt jeunes adultes analyse leurs choix de mobilité en fonction de l’accès (prix, durée du trajet, facilité et choix alternatifs proposés par l’offre de transport), des compétences issues de leurs socialisations (dont les savoir-faire) et de l’appropriation (évaluation des options de mobilité au regard des valeurs, perceptions et habitudes). L’attitude-behaviour gap se confirme dans ce travail et les inquiétudes environnementales ne se concrétisent pas encore par la transformation des pratiques. L’attrait persistant du voyage outrepasse les considérations écologiques. Les personnes rencontrées par l’auteure témoignent d’une compartimentalisation des pratiques : si les écogestes persistent en voyage, la réduction des mobilités aériennes n’est certes pas généralisée.

6L’article d’Anouk Bonnemains, Christophe Clivaz et Emmanuel Salim s’intéresse au soutien public accordé aux stations de ski dans les trois cantons suisses de Fribourg, de Vaud et du Valais. À travers une analyse de la documentation réglementaire, les auteurs constatent qu’une approche de l’adaptation réactive/incrémentale du ski prédomine dans le Valais, où les financements dans le cadre de la nouvelle politique régionale soutiennent l’enneigement artificiel et les remontées mécaniques. Dans le canton de Vaud et, surtout, celui de Fribourg, l’approche d’adaptation se concentre moins sur le ski et adopte une logique de diversification sur les quatre saisons. Les auteurs relèvent les risques de maladaptation liés à l’enneigement artificiel et la concentration spatiale des investissements dans les grandes stations.

7Dans leur article, Mikaël Chambru et Yann Borgnet travaillent eux aussi sur le milieu montagnard, cette fois dans le Queyras, en France. En s’appuyant sur les données issues de plusieurs projets de recherche réalisés dans ce territoire au cours des dernières années, les auteurs proposent une analyse historique de la trajectoire touristique du Queyras, démontrant comment les choix du passé contraignent les possibilités de réorientation. La phase d’improvisation d’un tourisme basé sur la neige entre le début du XXe siècle et 1960 a laissé sa place à la vision planificatrice des « stations-villages » dans les années 1960 jusque dans les années 1980. Puis, une phase de privatisation et de polarisation s’est caractérisée par les échecs du partenariat public-privé avec la liquidation du groupe Transmontagne en 2007. L’enchevêtrement du développement touristique avec la ressource de la neige a mené à la situation actuelle, d’un secteur du ski alpin qui capte l’écrasante majorité des subventions départementales. Les politiques d’aménagement, encore sous l’influence du passé, freinent l’émergence de formes alternatives et de réorientation des usages touristiques de cette haute vallée alpine.

8Enfin, Fabio Fornari et Thiago Allis abordent la position des organisateurs de voyages face à la crise climatique. Les résultats de leur questionnaire et de leurs entretiens réalisés en Allemagne et au Brésil révèlent le paradoxe récurrent de la reconnaissance du problème mais du faible nombre d’actions entreprises pour y remédier. Leur travail souligne que les voyagistes allemands connaissent mieux les politiques climatiques et que ceux du Brésil semblent plus sceptiques quant à la responsabilité du tourisme dans la crise climatique. Dans l’ensemble, leurs résultats mettent en avant la domination du paradigme de la croissance économique.

9Un entretien avec deux acteurs privés du tourisme québécois complète ce numéro. Gilles Talbot, propriétaire et directeur de Rafting Nouveau Monde, dans la région forestière des Laurentides, et Ariane Bérubé, propriétaire et directrice des ventes du Château Madelinot, un hôtel aux îles de la Madeleine, partagent leurs expériences d’adaptation. Ces deux récits complètent les conclusions des articles du numéro en révélant une adaptation autodidacte et indépendante, qui engage émotionnellement celles et ceux qui la portent, tout en étant intégrée aux plans d’affaires des deux PME grâce à une combinaison d’innovations techniques, relationnelles et managériales.

10Les quatre articles rassemblés dans ce numéro offrent donc une vision multiscalaire des stratégies d’adaptation, en s’intéressant à la fois à des échelles fines, comme celles des destinations de montagne ou de certaines vallées alpines, et à des échelles mondialisées correspondant à celles des voyagistes ou à l’expérience des mobilités des touristes belges. Dans un système touristique mondialisé, les craintes liées aux changements climatiques et les besoins d’adaptation semblent toutefois se concentrer à l’échelle des destinations touristiques ; c’est en tout cas ce qui ressort du travail d’enquête de Fornari et Allis sur les organisateurs de voyages. C’est à cette échelle que la vulnérabilité aux changements, qu’ils soient climatiques ou sanitaires, apparaît la plus perceptible et que la nécessité d’adaptation se fait le plus fortement ressentir. Dans le cas des articles portant sur les destinations françaises et suisses de montagne, les auteurs soulignent le poids des héritages liés à plusieurs décennies de développement des économies centrées sur le ski. Le « subventionnisme » mentionné par Chambru et Borgnet n’est pas sans rappeler des situations de dépendance au sentier, c’est-à-dire une spécialisation économique de certaines régions marquée par des effets de verrouillage, poussant une économie régionale à poursuivre dans une même trajectoire de développement plutôt que d’en emprunter une autre (Strambach, 2010). Le poids des héritages et des choix passés de développement incite à la poursuite de ces trajectoires touristiques, alors même que les conditions de viabilité économique de certaines activités sont de plus en plus remises en question. De la même façon, des travaux ont mis en évidence que certains discours visant à retarder l’action climatique ou à privilégier certaines formes d’adaptation technique peuvent être tenus (Lamb et al., 2020). C’est notamment le cas des discours des acteurs de l’industrie des sports d’hiver en France analysés récemment par Bonnemains (2024). Dans l’article qu’ils offrent à ce présent numéro de Téoros, Bonnemains et ses collègues montrent que les difficultés d’adaptation se retrouvent également du côté des politiques publiques. Ainsi, dans les territoires suisses de Fribourg, de Vaud et du Valais, les programmes d’adaptation demeurent encore majoritairement orientés vers des formes d’adaptation incrémentale.

11En outre, les difficultés d’adaptation aux changements climatiques dépassent les contraintes techniques que rencontrent les acteurs du tourisme. Un certain nombre de ces obstacles transparaissent dans ce numéro, qu’il s’agisse de la difficulté pour les touristes à se passer de l’avion, de la réticence des politiques publiques à engager des stratégies transformatives répondant aux causes profondes de la vulnérabilité climatique de leurs sites touristiques, ou encore de la difficulté pour certains voyagistes à aller au-delà des déclarations de principe. L’adaptation du tourisme et son engagement dans une voie « bas carbone » soulèvent également des questions de justice et d’éthique. Certains territoires se sont économiquement spécialisés dans le tourisme, parfois sous l’effet de politiques publiques. Ils sont aujourd’hui devenus dépendants, notamment parfois d’une demande lointaine dont les déplacements demeurent fortement carbonés. À l’inverse, certains pays, émetteurs de touristes internationaux depuis de nombreuses décennies, posent la question de l’équité des efforts à fournir, alors même qu’un nombre croissant de touristes issus des classes moyennes des pays du Sud accèdent aujourd’hui au tourisme international.

12Ainsi, deux approches semblent se dégager des contributions réunies dans ce numéro. Du côté des acteurs et des professionnels du tourisme, les efforts portent principalement sur l’atténuation du changement climatique à travers la décarbonation de la demande. Cette volonté d’atténuation affichée fait suite à l’engagement international lancé en 2021, lors de la COP26 (Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques) à Glasgow. Elle vise à accélérer l’action climatique dans le secteur du tourisme avec l’objectif d’atteindre zéro émission nette d’ici 2050 au plus tard, et une réduction de 50 % des émissions d’ici 2030. La stratégie d’atténuation ne peut reposer sur la seule espérance d’un transport aérien bas carbone (Ceron et al., 2023), mais suppose une réorganisation plus large des mobilités, fondée sur une logique de proximité. L’expérience de la pandémie de COVID‑19, qui avait laissé entrevoir cette possibilité, semble désormais révolue (Hall et al., 2020). Les statistiques du tourisme international ont de nouveau dépassé celles de 2019, qui déjà faisaient figure de record (World Tourism Organization, 2025 : 9). Cette réorganisation des mobilités ne pourra sans doute advenir qu’à travers le développement de nouveaux imaginaires touristiques, les représentations actuelles demeurant largement héritées d’un tourisme lointain associé à l’avion. Pour les destinations touristiques, l’objectif serait, selon certains auteurs comme Chambru et Borgnet, d’engager une sortie progressive de la dépendance au tourisme. L’attractivité touristique pourrait alors servir de levier pour attirer des populations permanentes et amorcer ainsi la transition vers une économie moins centrée sur le tourisme et davantage fondée sur la présence résidentielle (Davezies, 2009).

13Enfin, la diversité des réponses aux changements climatiques apportées par les acteurs privés et publics du tourisme dans ce numéro révèle une fragmentation des approches de l’adaptation. Plus qu’une richesse, cette fragmentation souligne le besoin d’un projet plus cohérent, partagé, voire engagé, pour orienter le tourisme vers une meilleure adaptation aux effets du changement climatique. Face à cette fragmentation des réponses adaptatives et à la diversité des contextes locaux illustrés dans ce numéro, il apparaît intéressant d’envisager de dépasser les approches par destination (la montagne, le littoral, etc.). Les expériences d’adaptation, qu’elles soient réussies ou en cours, recèlent un potentiel de partage encore sous-exploité. Les retours d’expériences, qu’ils soient issus de travaux de recherche, de démarches individuelles ou des collectivités locales, pourraient être mieux mis en réseau. Ces espaces de partage permettraient de croiser les savoir-faire, d’identifier les freins ainsi que les leviers d’action communs (comme la décarbonation des mobilités ou la requalification des infrastructures) et d’éviter les maladaptations en confrontant les pratiques à des regards extérieurs. L’enjeu de l’adaptation du tourisme n’est pas uniquement technique ou financier, mais aussi culturel et organisationnel. Cette adaptation ne saurait se limiter à une juxtaposition de solutions locales : elle gagne à être pensée comme un processus collectif, où la circulation des idées et des pratiques devient un levier de transformation à part entière.

Top of page

Bibliography

Bibliographie

Bonnemains, Anouk, 2024, « Les discours retardant l’action climatique dans l’industrie du ski française », Hérodote, vol. 194, no 3, p. 145‑159, <https://doi.org/10.3917/her.194.0145>.

Ceron, Jean-Paul, Paul Peeters et Ghislain Dubois, 2023, « L’aviation, le tourisme et la décarbonation dans les décennies à venir : Impasses, solutions et incertitudes », Natures Sciences Sociétés, vol. 31, no 3, p. 312‑324, <https://doi.org/10.1051/nss/2024007>.

Davezies, Laurent, 2009, « L’économie locale ‘résidentielle’ », Géographie, économie, société, vol. 11, no 1, p. 47‑53.

Fayolle, Corinne, 2003, « La dérégulation du transport aérien en Europe (1987-1997) », Guerres mondiales et conflits contemporains, vol. 209, no 1, p. 75‑89, <https://doi.org/10.3917/gmcc.209.0075>.

GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), 2018, « Annexe I : Glossaire », dans Réchauffement planétaire de 1,5 °C. Rapport spécial du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels et les trajectoires associées d’émissions mondiales de gaz à effet de serre, dans le contexte du renforcement de la parade mondiale au changement climatique, du développement durable et de la lutte contre la pauvreté, Cambridge University Press, <https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/downloads/report/IPCC_AR6_WGI_Full_Report.pdf>, consulté en février 2026.

Gierczak, Beata, 2012, « The History of Tourist Transport after the Modern Industrial Revolution », Polish Journal of Sport and Tourism, vol. 18, no 4, p. 275‑281, <https://doi.org/10.2478/v10197-011-0022-6>.

Gössling, Stefan et Andreas Humpe, 2024, « Net-zero Aviation: Transition Barriers and Radical Climate Policy Design Implications », Science of the Total Environment, vol. 912 (février), 169107, <https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2023.169107>.

Gyr, Ueli, 2010, « The History of Tourism: Structures on the Path to Modernity », EGO | Europäische Geschichte Online, Institute of European History (IEG), p. 1‑18.

Hall, C. Michael, Daniel Scott et Stefan Gössling, 2020, « Pandemics, Transformations and Tourism: Be Careful What You Wish For », Tourism Geographies, vol. 22, no 3, p. 577‑598, <https://doi.org/10.1080/14616688.2020.1759131>.

Hock, Regine, Golam Rasul, Carolina Adler et al., 2019, High Mountain Areas. IPCC – Intergovernmental Panel on Climate Change, <http://urn.kb.se/resolve?urn=urn:nbn:se:uu:diva-414230>, consulté en février 2026.

Lamb, William F., Giulio Mattioli, Sebastian Levi et al., 2020, « Discourses of Climate Delay », Global Sustainability, vol. 3, <https://doi.org/10.1017/sus.2020.13>.

Lapointe, Dominic, Bruno Sarrasin et Alexis Guillemard, 2015, « Changements climatiques et mise en tourisme du fleuve St-Laurent au Québec », VertigO. La revue internationale en sciences de l’environnement, no Hors-série 23 (novembre), <https://doi.org/10.4000/vertigo.16575>.

Latour, Bruno, 2023, Face à Gaïa. Huit conférences sur le nouveau régime climatique, Paris, La Découverte, <https://doi.org/10.3917/dec.latou.2023.01>.

Lenzen, Manfred, Ya-Yen Sun, Futu Faturay, Yuan-Peng Ting, Arne Geschke et Arunima Malik, 2018, « The Carbon Footprint of Global Tourism », Nature Climate Change, vol. 8, p. 522-528, https://doi.org/10.1038/s41558-018-0141-x.

Rufin-Soler, Caroline et Catherine Meur-Férec, 2024, « Composer avec les risques côtiers dans un contexte de changement climatique », dans Michel Desse, Céline Chadenas, Vincent Herbert et Samuel Robert (dir.), chap. 2, Les littoraux français, Paris, Armand Colin, p. 674-729, <https://doi.org/10.3917/arco.desse.2024.01.0674>.

Schipper, E. Lisa F., 2020, « Maladaptation: When Adaptation to Climate Change Goes Very Wrong », One Earth, vol. 3, no 4, p. 409‑414, <https://doi.org/10.1016/j.oneear.2020.09.014>.

Scott, Daniel et Stefan Gössling. 2015. « What Could the Next 40 Years Hold for Global Tourism? », Tourism Recreation Research, vol. 40, no 3, p. 269‑285, <https://doi.org/10.1080/02508281.2015.1075739>.

Scott, Daniel, C. Michael Hall et Stefan Gössling, 2019, « Global Tourism Vulnerability to Climate Change », Annals of Tourism Research, vol. 77 (juillet), p. 49‑61, <https://doi.org/10.1016/j.annals.2019.05.007>.

Steffen, Will, Wendy Broadgate, Lisa Deutsch, Owen Gaffney et Cornelia Ludwig, 2015, « The Trajectory of the Anthropocene: The Great Acceleration », The Anthropocene Review, vol. 2, no 1, p. 81‑98, <https://doi.org/10.1177/2053019614564785>.

Strambach, Simone, 2010, « Path Dependence and Path Plasticity: The Co-evolution of Institutions and Innovation – the German Customized Business Software Industry », dans Ron Boschma et Ronald Martin (dir.), chap. 19, The Handbook of Evolutionary Economic Geography, Edward Elgar Publishing, <https://doi.org/10.4337/9781849806497>.

World Tourism Organization, 2025, World Tourism Barometer, UN Tourism, vol. 23, no 1, <https://doi.org/10.18111/wtobarometereng>.

Top of page

References

Electronic reference

Alexis GUILLEMARD, ÉditorialTéoros [Online], 44-1 | 2025, Online since 06 July 2026, connection on 18 August 2026. URL: http://journals.openedition.org/teoros/13700

Top of page

About the author

Alexis GUILLEMARD

Chercheur au Centre d'étude en responsabilité sociale et écocitoyenneté, Cégep de Rosemont, aguillemard@crosemont.qc.ca

By this author

Top of page

Copyright

CC-BY-NC-ND-4.0

The text only may be used under licence CC BY-NC-ND 4.0. All other elements (illustrations, imported files) may be subject to specific use terms.

Top of page
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search