Navigation – Plan du site

AccueilAppels à contributionAppels closAppel à contributions, Terrains/T...

Appel à contributions, Terrains/Théories, numéro 21, « Les enjeux sociaux de la surveillance interindividuelle en contexte numérique »

Date limite d’envoi des résumés : 01 février 2024

Numéro coordonné par :

Evelyne Barthou, Université de Pau et des Pays de l’Adour, Laboratoire TREE et Yann Bruna, Université Paris-Nanterre, Laboratoire Sophiapol

Présentation de la revue

Terrains/Théories est une revue pluridisciplinaire de sciences sociales à comité de lecture articulant la conceptualisation et la recherche empirique. Elle vise à constituer un carrefour entre sociologie, anthropologie et philosophie. Elle part du principe que la philosophie politique – au sens large – doit aujourd’hui dépasser une approche purement conceptuelle du politique en se rapprochant des sciences sociales, tandis qu’il devient de plus en plus important pour ces dernières d’expliciter les choix théoriques qui peuvent orienter les pratiques de recherche et les enquêtes de terrain.

Plus d’informations ici : https://teth.revues.org/

Présentation du numéro

  • 1 Huxley Aldous, Le meilleur des mondes, trad. par Jules Castier, Paris, Pocket Jeunesse, 2021 [1932]
  • 2 Orwell George, 1984, trad. par Amélie Audiberti, Paris, Gallimard, 2021 [1949].
  • 3 Dick Philip K., « Rapport minoritaire », in Dick Philip K., Nouvelles complètes 1954-1981, II/II, t (...)

L’actualité médiatique de ces dernières années met en saillance une évidence difficilement contestable : les territoires mais aussi les modalités pratiques de la surveillance s’étendent, tandis que les analogies entre des réalités sociales qui apparaissent comme inédites (e.g. crédit social chinois ou volonté de suivi par géolocalisation de personnes atteintes de la Covid-19) et les œuvres littéraires dystopiques majeures du siècle dernier foisonnent. Les sociétés de contrôle et de mise en visibilité paroxystique de l’autre, dépeintes par Aldous Huxley1, George Orwell2 ou encore Philip K. Dick3, ne sauraient aujourd’hui être considérées comme exclusivement fictionnelles. Plus récemment, les séries comme Black Mirror illustrent, dans des sociétés hyperconnectées, une pluralité de pratiques surveillancielles inédites, car observées – le plus souvent - à l’échelle microsociologique et donc interindividuelle.

Une amplification des modalités de surveillance à l’ère numérique

  • 4 Castagnino Florent, « Critique des surveillance studies. Éléments pour une sociologie de la surveil (...)
  • 5 Cardon Dominique, A quoi rêvent les algorithmes ? Nos vies à l’heure des Big Data, Paris, Seuil, 20 (...)
  • 6 Clarke Roger, « Information technology and dataveillance », Communications of the ACM, no 31/5, 198 (...)
  • 7 Blackman Josh, « Omniveillance, Google, Privacy in Public, and the Right to Your Digital Identity: (...)
  • 8 Ball Kirstie et al., « Introducing surveillance studies », in Ball Kirstie et al. (Éds.), The Routl (...)
  • 9 Marx Gary T., « What’s New About the “New Surveillance”? Classifying for Change and Continuity », S (...)

Au cours des dernières décennies, la diffusion des technologies de l’information et de la communication auprès d’une large variété de publics d’une part, et les possibilités qui y sont associées en matière de collecte et de traitement de données d’autre part, ont en effet nettement participé au développement de nouvelles formes, pratiques et modalités de surveillance, lesquelles génèrent de nouveaux publics de surveillants et de surveillés. Plus diversifiée, plus intrusive, plus systématique ou encore plus automatique, la surveillance contemporaine est souvent l’objet d’une « rhétorique du superlatif4 ». Propulsée par les Big Data, les algorithmes prédictifs5 et tous les dispositifs permettant de collecter des données (cookies, puces RFID, GPS, APIs, etc.), cette « surveillance 2.0 » est souvent qualifiée, dans des travaux fondateurs, de « dataveillance6 » et plus récemment « d’omniveillance7 ». En effet, à l’ère numérique, la surveillance s’imposerait « dans toutes les sphères institutionnelles de notre existence8 », ce qui lui conférerait un caractère inévitable tout en démultipliant le champ des possibles en matière de collecte informationnelle. Cette dimension disruptive avec les formes de surveillance « traditionnelles », qui ont toujours existé dans l’espace social, est notamment théorisée dans les travaux de Gary Marx9 selon qui les nouvelles technologies ne doivent pas être dépeintes comme responsables de la surveillance, mais plutôt comme les conditions de son exacerbation et de son intensification.

  • 10 Lyon David, « Surveillance Culture: Engagement, Exposure, and Ethics in Digital Modernity », Intern (...)
  • 11 Denis Jérôme et Kessous Emmanuel, « Présentation », Réseaux, no 171, 2012, p. 9-18.
  • 12 Mattelart Armand et Vitalis André, Le profilage des populations. Du livret ouvrier au cybercontrôle(...)
  • 13 Zuboff Shoshana, L’Âge du capitalisme de surveillance. Le combat pour un avenir humain face aux nou (...)
  • 14 Ball Kirstie, « Workplace Surveillance: An Overview », Labor History, no 51/1, 2010, p. 87-106; Alg (...)
  • 15 Tréguer Félix et Mirman Yves, « La surveillance numérique des chercheurs », in Aldrin Philippe et a (...)

Ces premières recherches donneront naissance aux surveillance studies, qui ambitionnent de rendre compte de cette « culture de la surveillance10 » à l’œuvre dans les sociétés contemporaines, et mobilisent prioritairement les théories de Foucault puis de Deleuze pour l’analyser11. Néanmoins, si la littérature académique relative à la surveillance à l’ère numérique est devenue foisonnante depuis les deux dernières décennies, elle demeure essentiellement anglophone et, surtout, particulièrement ciblée. Les recherches relatives à la surveillance gouvernementale12, à la marchandisation de la surveillance par les responsables de traitement et notamment les data brokers13 ou à la surveillance employeur-employé dans le secteur du travail14, y compris dans le milieu académique15, sont à la fois les plus nombreuses et les plus visibles. Les études empiriques centrées sur les formes de surveillance interindividuelles, qui nous intéressent ici, restent en revanche nettement sous-représentées.

La surveillance interindividuelle, un « moins pensé » des surveillance studies

  • 16 Aïm Olivier, Les théories de la surveillance. Du panoptique aux surveillance studies, Paris, Armand (...)
  • 17 Andrejevic Mark, ISpy: Surveillance and Power in the Interactive Era, Lawrence, University Press of (...)
  • 18 Trottier Daniel, « Interpersonal Surveillance on Social Media », Canadian Journal of Communication, (...)
  • 19 Giddens Anthony, Profiles & Critiques in Social Theory, Londres, Red Globe Press, 1982.
  • 20 Marwick Alice E. et Boyd Danah, « Networked privacy: How teenagers negotiate context in social medi (...)
  • 21 Ajordan Michael et Ricciardelli Rosemary, « A New Privacy Paradox? Youth Agentic Practices of Priva (...)

Dans Les théories de la surveillance16, Olivier Aïm souligne la minoration de certaines formes sociales et culturelles de la surveillance. C’est notamment le cas de la surveillance entre les personnes, qui sera initialement décrite comme « latérale » dans les travaux fondateurs de Mark Andrejevic17. Ce dernier a par ailleurs ouvert la voie aux recherches empiriques de Daniel Trottier, relatives à une surveillance qu’il qualifie d’« interpersonnelle » au sein des médias sociaux18. En s’appuyant sur le modèle théorique de la « dialectique du contrôle19 » d’Anthony Giddens, Alice Marwick parle également d’une domestication des usages de la surveillance, qu’elle décrit comme « sociale et réciproque20 » au sein d’une population de plus en plus connectée. Il ressort également que, si la « surveillance sociale » n’est certes aucunement nouvelle, les possibilités d’une collecte informationnelle sur autrui sont aujourd’hui bien plus diversifiées et intrusives à l’ère numérique, d’autant qu’elles sont désormais portées par des choix de design qui mettent les vérifications de présence au premier plan au sein des plateformes communicationnelles21.

  • 22 Dupin Nathalie, « » Attends, deux secondes, je lui réponds… » : enjeux et négociations au sein des (...)
  • 23 Widmer Sarah et Albrechtslund Anders, « The Ambiguities of Surveillance as Care and Control: Strugg (...)
  • 24 Louessard Bastien, Environnements numériques de travail et pratiques communicationnelles des famill (...)
  • 25 Bruna Yann, « Usages et enjeux de la géolocalisation dans le contexte de la surveillance parentale  (...)

Quelques recherches récentes, francophones pour certaines, explorent progressivement ces pratiques surveillancielles spécifiques, par exemple au prisme de la parentalité. La surveillance interindividuelle serait ainsi justifiée par une volonté parentale de transparence face à l’opacité des usages numériques des enfants22, par une recherche de sécurité qui amène jusqu’à leur géolocalisation en temps réel23 ou par la volonté de vérifier la correspondance entre le discours de l’enfant et ce qui est effectivement révélé par l’outil, concernant par exemple ses résultats scolaires24 ou sa position géographique25. Cependant et comme nous le verrons plus bas, beaucoup reste encore à explorer, y compris dans le contexte de la surveillance parentale. De plus, qu’il s’agisse des nombreuses modalités de surveillance entre jeunes individus et/ou au sein des couples (vérification de position, de l’activité en ligne et hors ligne de l’autre, heure du dernier message envoyé, etc.) ou de la possibilité de tracer ses aînés (jusqu’à leurs données de « bien-être », voire de santé), ces pratiques sont, à l’exception des publications citées précédemment, elles aussi bien peu investiguées par les sciences sociales.

  • 26 Barnes Susan B., « A privacy paradox: Social networking in the United States », First Monday, no 11 (...)
  • 27 Pras Bernard, « Entreprise et vie privée : Le “privacy paradox” et comment le dépasser ? », Revue f (...)

Or, elles soulignent une tension forte entre liberté individuelle, injonction à participer en ligne et acceptation de différentes formes de contrôle social – y compris par les pairs, en grande partie numérique, ce que certains qualifient de « privacy paradox »26, à savoir le fait que les individus soient partagés entre souci du respect de leur vie privée, accompagné du désir de faire en sorte que leurs données personnelles ne soient pas indûment exploitées, stockées ou diffusées, et désir de jouir des bénéfices de ces nouvelles technologies qui sont de réels marqueurs de leur style de vie personnel et relationnel27. Il nous semble donc essentiel aujourd’hui d’identifier les nouvelles formes et pratiques de surveillance, mais aussi d’analyser les rapports sociaux qu’elles soulignent, le sens qu’elles ont pour les acteurs et les enjeux sociaux qu’elles mettent en évidence. Parce que la surveillance interindividuelle fait donc pleinement partie des « moins pensés » des surveillance studies, elle gagnerait à être étudiée plus en profondeur, notamment à partir des quatre axes suivants.

Proposition d’axes de recherche pour enrichir la littérature et combler les manques identifiés

Les contributions attendues pourront s’inscrire dans l’un des quatre axes suivants ou à leur croisement et pourront être rédigées en français ou en anglais.

    • 28 Leman-Langlois Stéphane, « Qu’est-ce que la surveillance ? », in Leman-Langlois Stéphane (Éd.), Sph (...)
    • 29 B. Havard Duclos et D. Pasquier, « Faire famille avec Internet », Art. cit. ; Fontar Barbara et al. (...)

    D’abord, un enjeu majeur des usages sociaux de la surveillance tient sans doute à la compréhension de ce que surveiller veut dire. Selon Leman-Langlois, la surveillance est un « processus d’acquisition d’information qui porte sur des objets sociaux et dont le but est l’obtention d’un bénéfice extérieur à la simple collecte informationnelle28 ». Cependant, cette définition ne saurait être considérée comme pleinement satisfaisante, puisqu’elle peine à déterminer quels sont les contours et limites de la surveillance. Prenons l’exemple de la surveillance parentale : derrière un même vocable, il peut s’agir de vérifier passivement les pratiques numériques juvéniles dans une simple collecte informationnelle, de les contraindre en matière de possibilités ou de temporalité, ou encore d’agir sur les usages infantiles des dispositifs afin de les orienter vers des valeurs parentales de référence considérées comme plus légitimes29. Dans ce contexte, que signifie donc surveiller dans le discours de celles et ceux qui observent, et dans celui de celles et ceux qui sont observés ? Quelles pratiques ordinaires des outils sont assimilées à de la surveillance, et lesquelles en sont exclues ?

    • 30 Jacques Béatrice, « Des familles “sous surveillance” », Enfances Familles Générations, no 28, 2017 (...)
    • 31 Livingstone Sonia et al., Adult Online Hate, Harassment and Abuse: A Rapid Evidence Assessment, UK (...)
    • 32 Clair Isabelle, « La division genrée de l’expérience amoureuse. Enquête dans des cités d’habitat so (...)
    • 33 Granjon Fabien et al. (Éds.), Inégalités numériques. Clivages sociaux et modes d’appropriation des (...)
    • 34 Tréguer Félix, « Hackers vs States : Subversion, Repression and Resistance in the Online Public Sph (...)
    • 35 Aïm Olivier, « Surveillance et contre-surveillance. Nouveaux enjeux et nouvelles pratiques de surve (...)

    Ensuite, à l’heure où les usages d’outils et d’applications qui sont autant de supports à la surveillance interpersonnelle ont été longuement étudiés en sciences de l’information et de la communication, il reste à comprendre à quel point les appropriations et les effets de ces technologies dévoilent des rapports sociaux, notamment de genre et de classe30. Comprendre qui surveille qui, avec quelles finalités, à partir de ou jusqu’à quel(s) âge(s), et ce qui se joue à travers ces vérifications de présence en ligne comme hors ligne de l’autre, selon qu’il soit enfant, conjoint.e, ami.e ou collègue, nous semble donc représenter un intérêt majeur en sociologie du numérique. D’autant que l’asymétrie informationnelle qui résulte de l’acquisition de connaissances sur les déplacements et activités d’un individu tracé pourrait, également, aboutir à des rapports de domination ou a minima amplifier ceux préexistants. En outre, alors que plusieurs travaux montrent notamment que les femmes31 et plus précisément les jeunes femmes des classes populaires sont davantage surveillées et invitées à l’autocontrainte dans leur exposition en ligne32, comment composent-elles face à la multiplication des vérifications de présence dont elles sont l’objet à l’ère numérique ? Pour elles comme pour d’autres, à quel point une connaissance de cette surveillance et le déploiement de compétences techniques particulières pour y faire face33 peuvent-elles peser dans cette asymétrie surveillant/surveillé ? Quelles stratégies de dissimulation ou de contournement peuvent être à l’œuvre pour « résister » à cette surveillance, voire déséquilibrer ce rapport de domination34 via une sousveillance ou contre-surveillance35 ?

    • 36 J. Mavoa et al., « “It’s About Safety Not Snooping” », Art. cit.
    • 37 Rivière Clément, « Du domicile à la ville : étapes et espaces de l’encadrement parental des pratiqu (...)
    • 38 Nissenbaum Helen, Privacy in Context : Technology, Policy and the Integrity of Social Life, Stanfor (...)

    Il nous semble aussi pertinent d’approfondir ce que surveiller implique. En se référant à nouveau à la définition de Leman-Langlois et dans la continuité de l’axe précédent, la surveillance apporterait un bénéfice, qui paraîtrait manifeste du côté de celui qui surveille. Reprenons le contexte de la surveillance parentale : le gain informationnel importe, certes, mais moins que la réponse à un impératif sécuritaire36. Cependant, par extension, le surveillé pourrait également se sentir bénéficiaire de ce suivi, comme le montre Clément Rivière37 à propos de l’intériorisation par des jeunes filles de vulnérabilités genrées dans l’espace urbain, qui justifient pour certaines avoir besoin d’être surveillées - et s’en trouvent rassurées - précisément parce qu’elles sont des filles. Cette approche est d’autant plus intéressante que la réception sociale de la surveillance est rarement positive : l’accent est davantage mis sur ses usages inappropriés ainsi que sur ses effets négatifs, notamment au prisme de la vie privée38. Ainsi, quelles formes de surveillance apparaissent socialement acceptables ? Lesquelles doivent nécessairement être justifiées et de quelles manières ? Les pratiques surveillancielles sont-elles l’objet de négociations entre les individus qui y ont recours, par exemple au sein des familles ou des groupes de pairs ? Quelles pratiques tendent à être cachées, invisibilisées ? Lesquelles au contraire gagnent à être visibles et explicites ?

  1. Enfin, un dernier axe autour de la non-surveillance s’impose au regard de l’ensemble des interrogations précédentes et des enjeux sociaux qu’elles soulèvent. Dans ce contexte d’accélération surveillancielle et alors que les outils de la surveillance sont à disposition de celles et ceux qui veulent bien s’en saisir, qui choisit de ne pas surveiller, pourquoi, et qu’est-ce que cela engage ? La non-surveillance peut-elle se penser comme un choix éthique voire militant, une volonté de respecter la liberté des autres ou encore un marqueur de confiance et d’autonomisation/de responsabilisation ? Dans le même temps, peut-elle être aussi perçue comme de l’irresponsabilité ou du désintérêt ?

Modalités de soumission

La date limite de réception des propositions d’article est fixée au 01/02/2024. Elles doivent être adressées aux coordinateurs du numéro : Evelyne Barthou (evelyne.barthou@univ-pau.fr) et Yann Bruna (ybruna@parisnanterre.fr).

Les propositions devront comporter :

  • un titre ;

  • un résumé d’environ 5000 signes ;

  • les informations sur le ou les auteurs : nom, affiliation institutionnelle, fonction, adresse professionnelle, numéro de téléphone et courriel.

Le comité de rédaction sélectionnera les propositions et en informera les auteurs au plus tard le 01/03/2024. Il est demandé aux auteurs de bien vouloir respecter les consignes éditoriales de la revue : https://teth.revues.org/501

Les articles attendus sont d’un format de 45 000 à 60 000 signes (espaces, notes et bibliographie incluses) et devront être remis au plus tard le 15/06/2024 pour une publication du numéro en juin 2025.

Les articles seront évalués en double-aveugle.

Pour toute information complémentaire, veuillez contacter le secrétariat d’édition : laurent.afresne@sciencespo.fr

Giddens Anthony, Profiles & Critiques in Social Theory, Londres, Red Globe Press, 1982.

Bibliographie

Agar Jon, The government machine: A revolutionary history of the computer, Cambridge, MIT Press, 2003.

Aïm Olivier, Les théories de la surveillance. Du panoptique aux surveillance studies, Paris, Armand Colin, 2020.

Aïm Olivier, « Surveillance et contre-surveillance. Nouveaux enjeux et nouvelles pratiques de surveillance », Quaderni, no 108, 2023, p. 11-19.

Ajordan Michael et Ricciardelli Rosemary, « A New Privacy Paradox? Youth Agentic Practices of Privacy Management Despite “Nothing to Hide” Online », Canadian Review of Sociology, no 56/6, 2018, p. 8-29.

Ajunwa Ifeoma, Crawford Kate et Schultz Jason, « Limitless worker surveillance », California Law Review, no 105/3, 2017, p. 101-142.

Alge Bradley J. et Hansen Shaun Duane, (2014), « Workplace monitoring and surveillance research since “1984”: A review and agenda », in Coovert Michael D. et Thompson Lori Foster (Éds.), The psychology of workplace technology, New York, Routledge, 2014, p. 209–237.

Andrejevic Mark, ISpy: Surveillance and Power in the Interactive Era, Lawrence, University Press of Kansas, 2007.

Ball Kirstie, « Workplace Surveillance: An Overview », Labor History, no 51/1, 2010, p. 87-106.

Ball Kirstie, Haggerty Kevin et Lyon David, « Introducing surveillance studies », in Ball Kirstie, Haggerty Kevin et Lyon David (Éds.), The Routledge Handbook of Surveillance Studies, New York, Routledge, 2012, p. 1-11.

Barnes Susan B., « A privacy paradox: Social networking in the United States », First Monday, no 11/9, 2006 [En ligne].

Barthou Évelyne et Lachance Jocelyn, La parentalité numérique, Rapport de recherche, Observatoire de la Parentalité Numérique, 2019 [En ligne] : https://hal-univ-pau.archives-ouvertes.fr/halshs-02538960v1.

Blackman Josh, « Omniveillance, Google, Privacy in Public, and the Right to Your Digital Identity: A Tort for Recording and Disseminating an Individual’s Image over the Internet », Santa Clara Law Review, no 49/2, 2019, p. 313-392.

Blanchard Sophie et Hancock Claire, « Enjeux de genre et politiques urbaines : les enseignements d’une recherche à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) », Géocarrefour, no 91/1, 2017 [En ligne].

Bruna Yann, « Usages et enjeux de la géolocalisation dans le contexte de la surveillance parentale », Tic&société, no 15/1-2, 2022, p. 127-159.

Cardon Dominique, A quoi rêvent les algorithmes ? Nos vies à l’heure des Big Data, Paris, Seuil, 2015.

Castagnino Florent, « Critique des surveillance studies. Éléments pour une sociologie de la surveillance », Déviance & Société, no 42/9, 2018, p. 9-40.

Clair Isabelle, « La division genrée de l’expérience amoureuse. Enquête dans des cités d’habitat social », Sociétés & Représentations, no 24, 2007, p. 145-160.

Clarke Roger, « Information technology and dataveillance », Communications of the ACM, no 31/5, 1988, p. 498-512.

Déage Margot, « S’exposer sur un réseau fantôme. Snapchat et la réputation des collégiens en milieu populaire », Réseaux, no 208-209, 2018, p. 147-172.

Denis Jérôme et Kessous Emmanuel, « Présentation », Réseaux, no 171, 2012, p. 9-18.

Dick Philip K., « Rapport minoritaire », in Dick Philip K., Nouvelles complètes 1954-1981, II/II, trad. par Mary Rosenthal et Hélène Collon, Paris, Gallimard, 2020 [1956], p. 365-401.

Dunn Tasha R. et Langlais Michael R., « “Oh Snap!”: A Mixed-Methods Approach to Analyzing the Dark Side of Snapchat », The Journal of Social Media in Society, no 9/2, 2020, p. 69-104.

Dupin Nathalie, « “Attends, deux secondes, je lui réponds…” : enjeux et négociations au sein des familles autour des usages socionumériques adolescents », Enfances Familles Générations, no 31, 2018 [En ligne].

Ericson Richard V. et Haggerty Kevin D., Policing the Risk Society, Toronto, University of Toronto Press, 1997.

Fontar Barbara, Grimault-Leprince Agnès et Le Mentec Mickaël, « Dynamiques familiales autour des pratiques d’écrans des adolescents », Enfances Familles Générations, no 31, 2018 [En ligne].

Granjon Fabien, Lelong Benoît et Metzger Jean-Luc (Éds.), Inégalités numériques. Clivages sociaux et modes d’appropriation des TIC, Paris, Hermès, 2009.

Havard Duclos Bénédicte et Pasquier Dominique, « Faire famille avec Internet : une enquête auprès de mères de milieux populaires », Enfances Familles Générations, no 31, 2018 [En ligne].

Higgs Edward, The Information State in England: The Central Collection of Information on Citizens Since 1500, New York, Palgrave Macmillan, 2004.

Hoadley Christopher M., Heng Xu, Joey J. Lee et Rosson Mary Beth, « Privacy as information access and illusory control: The case of the Facebook News Feed privacy outcry », Electronic Commerce Research and Applications, no 9/1, 2009, p. 50-60.

Human Soheih et Cech Florian, « A Human-Centric Perspective on Digital Consenting: The Case of GAFAM », in Zimmermann Alfred, Howlett Robert J. et Jain Lakhmi C. (Éds), Human Centered Intelligent Systems, New York, Springer, 2021, p. 139-159.

Huxley Aldous, Le meilleur des mondes, trad. par Jules Castier, Paris, Pocket Jeunesse, 2021 [1932].

Jacques Béatrice, « Des familles “sous surveillance” », Enfances Familles Générations, no 28, 2017 [En ligne].

Leman-Langlois Stéphane, « Qu’est-ce que la surveillance ? », in Leman-Langlois Stéphane (Éd.), Sphères de surveillance, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2011, p. 7-25.

Livingstone Sonia, Davidson Julia, Jenkins Sam, Gekoski Anna, Choak Clare, Ike Tarela et Phillips Kirsty, Adult Online Hate, Harassment and Abuse: A Rapid Evidence Assessment, UK Council for Child Internet Safety, Londres, 2019.

Louessard Bastien, Environnements numériques de travail et pratiques communicationnelles des familles de collégiens. Le cas de l’ENT e-lyco et des collèges Sarthois, Thèse de doctorat en Sciences de l’information et de la communication sous la direction de Michel Arnaud, Pascal Leroux et Philippe Cottier, Université Bretagne-Loire, Nantes, 2016.

Lyon David, « Surveillance Culture: Engagement, Exposure, and Ethics in Digital Modernity », International Journal of Communication, no 11, 2017, p. 824-842.

Marwick Alice E. et Boyd Danah, « Networked privacy: How teenagers negotiate context in social media », New Media & Society, no 16/7, 2014, p. 1051-1067.

Marx Gary T., « What’s New About the “New Surveillance”? Classifying for Change and Continuity », Surveillance & Society, no 1/1, 2002, p. 9-29.

Mattelart Armand et Vitalis André, Le profilage des populations. Du livret ouvrier au cybercontrôle, Paris, La Découverte, 2014.

Mavoa Jane, Coghlan Simon et Nansen Bjørn, « “It’s About Safety Not Snooping” : Parental Attitudes to Child Tracking Technologies and Geolocation Data », Surveillance and Society, no 21/1, 2023 [En ligne].

Nissenbaum Helen, Privacy in Context: Technology, Policy and the Integrity of Social Life, Stanford, Stanford University Press, 2009.

Orwell George, 1984, trad. par Amélie Audiberti, Paris, Gallimard, 2021 [1949].

Pras Bernard, « Entreprise et vie privée : Le “privacy paradox” et comment le dépasser ? », Revue française de gestion, no 224, 2012, p. 87-94.

Rallet Alain et Rochelandet Fabrice, « La régulation des données personnelles face au web relationnel : une voie sans issue ? », Réseaux, no 167, 2011, p. 17-47.

Rivière Clément, « Du domicile à la ville : étapes et espaces de l’encadrement parental des pratiques urbaines des enfants », Espaces et sociétés, no 168/1-2, 2017, p. 171-178.

Tréguer Félix, « Hackers vs States: Subversion, Repression and Resistance in the Online Public Sphere », Droit et société, no 91/3, 2015, p. 639-652.

Tréguer Félix et Mirman Yves, « La surveillance numérique des chercheurs », in Aldrin Philippe, Fournier Pierre, Geisser Vincent et Mirman Yves (Éds.), L’enquête en danger : Vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales, Paris, Armand Colin, 2022, p. 127-141.

Trottier Daniel, « Interpersonal Surveillance on Social Media », Canadian Journal of Communication, no 37/2, 2012, p. 319-332.

Widmer Sarah et Albrechtslund Anders, « The Ambiguities of Surveillance as Care and Control: Struggles in the Domestication of Location-Tracking Applications by Danish Parents », Nordicom Review, no 42/4, 2021, p. 79-93.

Zuboff Shoshana, L’Âge du capitalisme de surveillance. Le combat pour un avenir humain face aux nouvelles frontières du pouvoir, trad. par Bee Formentelli et Anne-Sylvie Homassel, Paris, Zulma, 2020 [2019].

Haut de page

Notes

1 Huxley Aldous, Le meilleur des mondes, trad. par Jules Castier, Paris, Pocket Jeunesse, 2021 [1932].

2 Orwell George, 1984, trad. par Amélie Audiberti, Paris, Gallimard, 2021 [1949].

3 Dick Philip K., « Rapport minoritaire », in Dick Philip K., Nouvelles complètes 1954-1981, II/II, trad. par Mary Rosenthal et Hélène Collon, Paris, Gallimard, 2020 [1956], p. 365-401.

4 Castagnino Florent, « Critique des surveillance studies. Éléments pour une sociologie de la surveillance », Déviance & Société, no 42/9, 2018, p. 18.

5 Cardon Dominique, A quoi rêvent les algorithmes ? Nos vies à l’heure des Big Data, Paris, Seuil, 2015.

6 Clarke Roger, « Information technology and dataveillance », Communications of the ACM, no 31/5, 1988, p. 498-512.

7 Blackman Josh, « Omniveillance, Google, Privacy in Public, and the Right to Your Digital Identity: A Tort for Recording and Disseminating an Individual’s Image over the Internet », Santa Clara Law Review, no 49/2, 2019, p. 313-392.

8 Ball Kirstie et al., « Introducing surveillance studies », in Ball Kirstie et al. (Éds.), The Routledge Handbook of Surveillance Studies, New York, Routledge, 2012, p. 1.

9 Marx Gary T., « What’s New About the “New Surveillance”? Classifying for Change and Continuity », Surveillance & Society, no 1/1, 2002, p. 9-29.

10 Lyon David, « Surveillance Culture: Engagement, Exposure, and Ethics in Digital Modernity », International Journal of Communication, no 11, 2017, p. 824-842.

11 Denis Jérôme et Kessous Emmanuel, « Présentation », Réseaux, no 171, 2012, p. 9-18.

12 Mattelart Armand et Vitalis André, Le profilage des populations. Du livret ouvrier au cybercontrôle, Paris, La Découverte, 2014; Higgs Edward, The Information State in England: The Central Collection of Information on Citizens Since 1500, New York, Palgrave Macmillan, 2004; Agar Jon, The government machine: A revolutionary history of the computer, Cambridge, MIT Press, 2003; Ericson Richard V. et Haggerty Kevin D., Policing the Risk Society, Toronto, University of Toronto Press, 1997.

13 Zuboff Shoshana, L’Âge du capitalisme de surveillance. Le combat pour un avenir humain face aux nouvelles frontières du pouvoir, trad. par Bee Formentelli et Anne-Sylvie Homassel, Paris, Zulma, 2020 [2019] ; Human Soheih et Cech Florian, « A Human-Centric Perspective on Digital Consenting : The Case of GAFAM », in Zimmermann Alfred et al. (Éds), Human Centered Intelligent Systems, New York, Springer, 2021, p. 139-159.

14 Ball Kirstie, « Workplace Surveillance: An Overview », Labor History, no 51/1, 2010, p. 87-106; Alge Bradley J. et Hansen Shaun Duane, (2014), « Workplace monitoring and surveillance research since “1984”: A review and agenda », in Coovert Michael D. et Thompson Lori Foster (Éds.), The psychology of workplace technology, New York, Routledge, 2014, p. 209–237; Ajunwa Ifeoma et al., « Limitless worker surveillance », California Law Review, no 105/3, 2017, p. 101-142.

15 Tréguer Félix et Mirman Yves, « La surveillance numérique des chercheurs », in Aldrin Philippe et al. (Éds.), L’enquête en danger : Vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales, Paris, Armand Colin, 2022, p. 127-141.

16 Aïm Olivier, Les théories de la surveillance. Du panoptique aux surveillance studies, Paris, Armand Colin, 2020.

17 Andrejevic Mark, ISpy: Surveillance and Power in the Interactive Era, Lawrence, University Press of Kansas, 2007.

18 Trottier Daniel, « Interpersonal Surveillance on Social Media », Canadian Journal of Communication, no 37/2, 2012, p. 319-332.

19 Giddens Anthony, Profiles & Critiques in Social Theory, Londres, Red Globe Press, 1982.

20 Marwick Alice E. et Boyd Danah, « Networked privacy: How teenagers negotiate context in social media », New Media & Society, no 16/7, 2014, p. 1051-1067.

21 Ajordan Michael et Ricciardelli Rosemary, « A New Privacy Paradox? Youth Agentic Practices of Privacy Management Despite “Nothing to Hide” Online », Canadian Review of Sociology, no 56/6, 2018, p. 8-29; A. Marwick et D. Boyd, « Networked privacy », Art. cit.; Dunn Tasha R. et Langlais Michael R., « “Oh Snap!”: A Mixed-Methods Approach to Analyzing the Dark Side of Snapchat », The Journal of Social Media in Society, no 9/2, 2020, p. 69-104.

22 Dupin Nathalie, « » Attends, deux secondes, je lui réponds… » : enjeux et négociations au sein des familles autour des usages socionumériques adolescents », Enfances Familles Générations, no 31, 2018 [En ligne] ; Havard Duclos Bénédicte et Pasquier Dominique, « Faire famille avec Internet : une enquête auprès de mères de milieux populaires », Enfances Familles Générations, no 31, 2018 [En ligne].

23 Widmer Sarah et Albrechtslund Anders, « The Ambiguities of Surveillance as Care and Control: Struggles in the Domestication of Location-Tracking Applications by Danish Parents », Nordicom Review, no 42/4, 2021, p. 79-93; Mavoa Jane et al., « “It’s About Safety Not Snooping”: Parental Attitudes to Child Tracking Technologies and Geolocation Data », Surveillance and Society, no 21/1, 2023 [En ligne].

24 Louessard Bastien, Environnements numériques de travail et pratiques communicationnelles des familles de collégiens. Le cas de l’ENT e-lyco et des collèges Sarthois, Thèse de doctorat en Sciences de l’information et de la communication sous la direction de Michel Arnaud et al., Université Bretagne-Loire, Nantes, 2016.

25 Bruna Yann, « Usages et enjeux de la géolocalisation dans le contexte de la surveillance parentale », Tic&société, no 15/1-2, 2022, p. 127-159.

26 Barnes Susan B., « A privacy paradox: Social networking in the United States », First Monday, no 11/9, 2006 [En ligne]; Hoadley Christopher M. et al., « Privacy as information access and illusory control: The case of the Facebook News Feed privacy outcry », Electronic Commerce Research and Applications, no 9/1, 2009, p. 50-60.

27 Pras Bernard, « Entreprise et vie privée : Le “privacy paradox” et comment le dépasser ? », Revue française de gestion, no 224, 2012, p. 87-94.

28 Leman-Langlois Stéphane, « Qu’est-ce que la surveillance ? », in Leman-Langlois Stéphane (Éd.), Sphères de surveillance, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2011, p. 7-25.

29 B. Havard Duclos et D. Pasquier, « Faire famille avec Internet », Art. cit. ; Fontar Barbara et al., « Dynamiques familiales autour des pratiques d’écrans des adolescents », Enfances Familles Générations, no 31, 2018 [En ligne] ; Barthou Évelyne et Lachance Jocelyn, La parentalité numérique, Rapport de recherche, Observatoire de la Parentalité Numérique, 2019 [En ligne].

30 Jacques Béatrice, « Des familles “sous surveillance” », Enfances Familles Générations, no 28, 2017 [En ligne].

31 Livingstone Sonia et al., Adult Online Hate, Harassment and Abuse: A Rapid Evidence Assessment, UK Council for Child Internet Safety, Londres, 2019.

32 Clair Isabelle, « La division genrée de l’expérience amoureuse. Enquête dans des cités d’habitat social », Sociétés & Représentations, no 24, 2007, p. 145-160 ; Blanchard Sophie et Hancock Claire, « Enjeux de genre et politiques urbaines : les enseignements d’une recherche à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) », Géocarrefour, no 91/1, 2017 [En ligne] ; Déage Margot, « S’exposer sur un réseau fantôme. Snapchat et la réputation des collégiens en milieu populaire », Réseaux, no 208-209, 2018, p. 147-172.

33 Granjon Fabien et al. (Éds.), Inégalités numériques. Clivages sociaux et modes d’appropriation des TIC, Paris, Hermès, 2009.

34 Tréguer Félix, « Hackers vs States : Subversion, Repression and Resistance in the Online Public Sphere », Droit et société, no 91/3, 2015, p. 639-652.

35 Aïm Olivier, « Surveillance et contre-surveillance. Nouveaux enjeux et nouvelles pratiques de surveillance », Quaderni, no 108, 2023, p. 11-19.

36 J. Mavoa et al., « “It’s About Safety Not Snooping” », Art. cit.

37 Rivière Clément, « Du domicile à la ville : étapes et espaces de l’encadrement parental des pratiques urbaines des enfants », Espaces et sociétés, no 168/1-2, 2017, p. 171-178.

38 Nissenbaum Helen, Privacy in Context : Technology, Policy and the Integrity of Social Life, Stanford, Stanford University Press, 2009 ; Rallet Alain et Rochelandet Fabrice, « La régulation des données personnelles face au web relationnel : une voie sans issue ? », Réseaux, no 167, 2011, p. 17-47.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search