La figure de l’animal chez Caroline Lamarche
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- 1 François (Virginie), « Les animaux, sujets littéraires », Le Monde, 29 janvier 2023.
1Ces dernières années, le monde animal s’est invité comme jamais dans les œuvres littéraires. L’entrée massive de la faune dans le monde des lettres a inspiré, en janvier 2023, à une collaboratrice du journal Le Monde, ce constat : « Les tables des librairies prennent de plus en plus des allures de zoo, tant la place des animaux, qu’ils soient sauvages, d’élevage ou domestiques, ne semble cesser de s’accroître au rayon littérature1 ». Dans l’œuvre de Caroline Lamarche, les animaux sont légion. Mais leur présence ne répond pas à une récente et soudaine prise de conscience des menaces que ferait peser sur le vivant le dérèglement climatique. Voilà plusieurs décennies que les animaux ont élu domicile dans les récits de l’autrice. En témoignent notamment les titres d’une partie de ses écrits : Le Jour du chien (Minuit, 1996), L’Ours (Gallimard, 2000), La Chienne de Naha (Gallimard, 2012), Dans la maison un grand cerf (Gallimard, 2017), La Fin des abeilles (Gallimard, 2022) et, dans les ouvrages pour la jeunesse, Le Phoque (Le Rouergue, 2008) et Tetti, la sauterelle de Vincent (L’École des Loisirs, 2021).
- 2 Gramain (Michel), « Le monde animal dans les premières œuvres de Jean Giono », dans Labouret (D (...)
2Couronné du prix Goncourt de la nouvelle en 2019, le recueil Nous sommes à la lisière regroupe des histoires qui ont souvent comme centre de gravité une figure animale. Parmi ces nouvelles, l’une, « Mensonge », a été publiée en 1999, dans une première version par la suite retravaillée, tandis que deux autres, « Lin, Clet, Clément, Sixte, Corneille et Cyprien » et « Elie » ont été diffusées sous un autre titre, respectivement en 2001 et en 2014. Que l’autrice belge marche dans les pas d’écrivains du siècle passé – tels que Jean Giono – mettant en relation le règne humain et animal, l’examen du riche bestiaire qu’elle a engendré nous en convainc. Les analyses fournies par Michel Gramain au sujet de la présence des animaux dans l’œuvre de Giono pourraient s’appliquer à des passages du recueil Nous sommes à la lisière. Car est remarquable, chez Caroline Lamarche, cette présence animale que Gramain, considérant l’œuvre de Giono, relève comme toujours « plus marquée, voire abondante, avec de nombreuses espèces évoquées, tant sauvages que familières ou domestiques, attribution d’un nom propre, évocation du point de vue de l’animal, des sensations et sentiments éprouvés2 ».
3Au-delà d’une véritable filiation à un écrivain comme Giono, disparu il y a plus de cinquante ans et dont le mode d’écriture serait aujourd’hui qualifié d’écosensible, est à souligner, chez Caroline Lamarche et en particulier dans Nous sommes à la lisière, l’exploration de zones de contacts où les frontières entre les animaux et les humains se déplacent, se brouillent, se redessinent et se réinventent et où se créent des complicités inattendues, fragiles, bancales, toujours en train de se fabriquer ou de se défaire.
À la lisière et dans les haies
- 3 Lamarche (Caroline), « La cane frappait au carreau », dans Libération, 15 mars 2019, (entretien (...)
- 4 Stépanoff (Charles), L’Animal et la mort, Paris, La Découverte, coll. Sciences sociales du vivant (...)
- 5 Lamarche (Caroline), Nous sommes à la lisière, Paris, Gallimard, 2019, p. 16-17. Dorénavant NSL.
- 6 Stépanoff (Charles), L’Animal et la mort, op. cit., p. 75. Ce recensement de milliers d’espèces v (...)
- 7 Ibid., p. 74.
4Dans un entretien accordé au journal Libération en mars 2019, Caroline Lamarche commente le titre de son recueil de nouvelles en précisant qu’il « dit bien ce moment que nous vivons au niveau planétaire : nous sommes à la lisière d’un effondrement, un effondrement des espèces animales et des insectes, des oiseaux et donc, après, de l’humain, […]3 ». Si la lisière est cette limite qui sépare le vivant de son possible anéantissement, elle est aussi une zone de contact et de transition entre deux milieux dont elle abrite les espèces. Cette interface que constitue la lisière peut regrouper des formes de vie qui lui sont spécifiques en plus de celles qui sont issues de milieux tels que les forêts, les champs et les plaines, pour ne citer que des zones non artificialisées. Dans L’Animal et la mort, l’anthropologue Charles Stépanoff s’intéresse aux haies qu’on trouvait auparavant dans le bocage et les présente comme « une longue lisière à double face. […] Si les haies sont appréciées par tant d’espèces, c’est qu’elles y profitent de l’interface de deux milieux entre lesquels elles vont et viennent : une micro-forêt qui sert de refuge et un espace ouvert de prés et de champs aux environs4 » . Cependant, Louis, le narrateur de « Frou-Frou » relève la disparition des haies qui, combinée à d’autres facteurs, précipite le déclin vertigineux de la population des oiseaux : « de toute façon, les oiseaux des champs, c’est l’hécatombe, entre les pesticides, les faucheuses perfectionnées qui réduisent en bouillie les nids au sol, l’arrachage des haies, les constructions anarchiques en pleine campagne, le béton jusqu’au bord des blés, j’en passe et des meilleures5 ». Arracher une haie est loin d’être un geste anodin car celle-ci renferme une biodiversité précieuse et rarement atteinte, que ce soit dans les forêts primaires ou les zones protégées. « Des naturalistes britanniques […] ont comptabilisé 2 070 espèces vivantes dans 90 mètres de haie : 1 700 espèces d’insectes, une trentaine d’escargots, 50 araignées, […] et une cinquantaine de vertébrés, dont hérisson, crapaud, belette, lapin, loir et de nombreux oiseaux6 ». À la haie apparaissant comme un réservoir de biodiversité s’oppose la triste pelouse que la voisine de Louis entretient avec un robot-tondeuse. Non content de menacer l’intégrité physique d’animaux comme les hérissons ou la cane hébergée par Louis, le robot appauvrit son environnement en laissant derrière lui « une pelouse rase, sans mousse ni pâquerettes, ni petits champignons, ni insectes, ni oiseaux […] » (NSL, p. 23-24). Quant aux lames de la tondeuse, elles sont « capables de trancher une toute petite herbe désireuse d’attraper une goutte de rosée […] » (NSL, p. 24). Au geste du robot qui transforme un carré d’herbes en « pelouse aussi morte que celles qui servent aux golfeurs » (NSL, p. 27) répond l’entretien par le vide assuré par les employés municipaux venus faucher les hautes herbes au milieu desquelles s’abritait une poule d’eau couvant ses œufs. Visible et exposée « comme une femme soudain toute nue en public » (NSL, p. 24), la poule d’eau aura tôt fait de disparaître, peut-être sous les crocs d’un renard. Lisières et haies peuvent dès lors apparaître comme l’antidote de ces opérations de lissage, de simplification et d’arrachage. Ainsi, « la haie se reproduit et se diversifie d’elle-même, grâce aux apports de graines transportées par les passereaux et les petits mammifères qui y logent. […] Plus les années et les siècles passent, plus la haie se diversifie7 ».
5Bien que diminuent les espaces hybrides où se coalisent des êtres vivants et où s’enchevêtrent vies sauvages et domestiques, Nous sommes à la lisière donne à voir un fourmillement d’animaux qui s’entremêlent ou se mêlent aux humains. L’attention accordée au vivant excède celle habituellement prêtée aux animaux de compagnie. Se multiplient des rencontres inattendues avec, par exemple, un écureuil roux, des martinets noirs, un merle prisonnier dans les branches d’un arbre, des libellules collées l’une à l’autre, des chats blancs ressemblant à deux comètes, un rat qui viendrait tromper la solitude d’un homme et un papillon agonisant. Croiser la route d’animaux abondants et variés étonne dans nos sociétés naturalistes qui établissent une distinction nette entre nature et culture. Ce dualisme, caractéristique de la modernité occidentale et absent des sociétés animistes qui reconnaissent une continuité des intériorités parmi tous les vivants, repose sur la négation, tant chez les espèces animales que végétales, de l’existence d’une âme ou d’un esprit.
- 8 Descola (Philippe), « Les animaux et l’histoire, par-delà nature et culture », Revue d'histoire (...)
6Comme le faisait remarquer l’anthropologue Philippe Descola, qui avait choisi de vivre pendant plusieurs années chez les Indiens Achuar, une société amazonienne animiste, pour mener à bien son expérience de terrain, ce qui est remarquable, c’est « la très grande quantité d’animaux apprivoisés qu’il y avait dans les maisons Achuar. […] Mais le fait de vivre dans une maison où vaquent en liberté de nombreux animaux d’espèces très différentes, qui interagissent entre eux et avec les humains, constituait une expérience tout à fait nouvelle8 ». Et sans doute Caroline Lamarche nous invite-t-elle à renouveler, élargir et densifier nos interactions quotidiennes en faisant de tous les animaux, si minuscules soient-ils, des partenaires de la vie sociale et intime.
« Love story »
- 9 Haraway (Donna), Quand les espèces se rencontrent, traduit de l’anglais (États-Unis) par Fleur Co (...)
7Les animaux mis en scène par Caroline Lamarche ne sont pas de simples figurants censés jouer un rôle symbolique. Si, dans la tradition artistique, les animaux ont souvent servi de miroirs pour les émotions humaines ou de réservoirs à symboles, dans Nous sommes à la lisière, beaucoup existent pour eux-mêmes et sont porteurs de leurs propres significations. Les animaux dépeints par Caroline Lamarche sont présents dans leur altérité et leur singularité, comme l’est le chat de Jacques Derrida dont il disait : « Ce n’est pas une figure du chat. Il n’entre pas dans la chambre en silence pour allégoriser tous les chats de la terre, les félins qui traversent les mythologies et les religions, la littérature et les fables9 ».
8Quand Louis, bénévole dans un refuge pour oiseaux, accueille chez lui une cane blessée, c’est pour s’engager avec son cœur et son corps dans une relation avec elle. Il décrit des scènes au cours desquelles à une approche prudente du volatile succède la frénésie : « elle est dans mes cheveux, mes oreilles, mes yeux que je dois fermer étroitement, les coups pleuvent, c’est l’amour fou […] personne ne m’a grêlé à ce point de baisers » (NSL, p. 12). À Marion, une autre bénévole remarquable de sensibilité, Louis explique que Frou-Frou continue à lui « faire mille bécots dans le nez, la bouche, les oreilles, avec une sorte de fureur amoureuse » (NSL, p. 22). Au portrait d’une cane qui « bécotait avec passion » (NSL, p. 21) se joint celui du chien Toby, compagnon de jeu de la toute jeune narratrice de « Mensonge ». « Il me suivait partout et dormait avec moi. J’aimais qu’il me lèche l’oreille, sa langue était fine et pointue, elle agaçait mon conduit auditif et je riais, je riais » (NSL, p. 56). Toby va cependant disparaître dans la forêt tandis qu’il accompagne la petite fille chevauchant Mensonge à la tombée de la nuit. Confrontée à l’absence de son chien, la narratrice voit sa tristesse éclater : « J’ai crié, crié, et puis j’ai pleuré, parce que j’aimais tant sa langue dans mon oreille et nos jeux dans la paille » (NSL, p. 59).
- 10 Despret (Vinciane), « Rencontrer un animal avec Donna Haraway », dans Critique, 2009/8-9 (n° 7 (...)
- 11 Haraway (Donna), Manifeste des espèces compagnes, Préface de Vinciane Despret, traduit de l’angla (...)
9Louis et la petite fille s’engagent donc dans des rencontres joyeusement intrusives dans lesquelles la chair, la langue, la peau et la salive les relient à un animal affectivement investi. Évoquant Quand les espèces se rencontrent de Donna Haraway, la philosophe Vinciane Despret remarque que « tout ce dont la philosophie a voulu se délester se retrouve [là], dans la salive, dans la chair10 ». Sous la plume de Despret, la salive et la chair sont celles d’Haraway, une biologiste et philosophe vieillissante, et de Madame Cayenne Pepper, sa jeune chienne. De sa chienne, Haraway dira qu’elle « n’en finit pas de coloniser toutes [s]es cellules ; […] Mais comment aurai[t-elle] pu résister à ses baisers mouillés11 » ?
- 12 Ibid., p. 23. La philosophe Donna Haraway décrit sa relation avec sa chienne Madame Cayenne Peppe (...)
Sa langue souple et agile de berger australien rouge merle a nettoyé les tissus de mes amygdales et tous leurs avides récepteurs immunitaires. Qui sait jusqu’où mes récepteurs chimiques ont transporté ses messages, ou ce qu’elle-même a emprunté à mon système cellulaire […] ? Nous avons tenu des conversations illicites ; nous avons entretenu des rapports oraux ; nous sommes contraintes de raconter une histoire après l’autre, à l’aide des seuls faits. Nous nous dressons l’une l’autre à accomplir des actes de communication que nous maîtrisons à peine. Nous sommes, constitutivement, des espèces compagnes. Nous nous construisons mutuellement dans la chair. Partenaires réciproques, dans nos différences spécifiques, nous sommes l’incarnation d’une vilaine infection développementale qui s’appelle l’amour12.
10L’amour est d’ailleurs un sentiment devant lequel la jeune narratrice de « Mensonge » ne recule pas : « la nuit où j’ai monté Mensonge, j’étais sur le dos de mon amour, mes jambes serraient les flancs de mon amour, ma main caressait le cou de mon amour » (NSL, p. 50). Désormais, dans les récits de Lamarche et d’Haraway, les frontières entre l’humain et l’animal apparaissent plus poreuses. Les zones de contact s’élargissent, se multiplient et se renouvellent. Et ces rencontres interspécifiques exigent des réponses empreintes de sensibilité, d’attention et de respect. Ainsi, bien que Louis soit sensible au fait que dans un premier temps, Frou-Frou « cherchait, plus que la liberté, quelqu’un qui l’aime. Ou, si on veut éviter le mot “aimer”, source d’infinis malentendus : quelqu’un qui établisse avec elle UN LIEN PERSONNEL » (NSL, p. 21-22), il n’a pas renoncé à lui permettre de prendre le large quand elle en a été capable. Quant à la petite fille prenant soin de Mensonge, elle a toujours été attentive au fait que chez elle, ils ne fermaient « jamais tout à fait la porte [de son box], le battant supérieur restait ouvert sur la nuit » (NSL, p. 71). Ce geste simple et quotidien offre à l’animal une ouverture sur le monde, la nuit, l’air frais et le dehors, une ouverture qui lui est vitale.
Éloge du travail animal et humain
11Dans « Lin, Clet, Clément, Sixte, Corneille et Cyprien », le travail animal est mis à l’honneur à travers le labeur des fourmis qui s’activent dans une fourmilière vieille d’un quart de siècle. Le travail de ces insectes se décline en une multitude d’activités :
Les fourmis travaillaient depuis l’aube. […] Elles se mettaient à deux pour porter des graines de toutes sortes. À l’intérieur, elles nettoyaient les galeries, nourrissaient la reine, lui retiraient ses œufs, les déposaient dans l’une des nombreuses chambres prévues à cet effet, brossaient et caressaient les larves de leurs antennes, leur distribuant un liquide sucré. En fonction de la température, elles déplaçaient les larves, à longueur de journée. Certaines fourmis étaient chargées de garder les orifices où entraient et sortaient, inlassablement, les ouvrières. D’autres, en cette fin d’hiver, se tenaient immobiles au sommet du dôme ensoleillé, formant des taches sombres et, une fois réchauffées, apportaient la chaleur au cœur du nid pour réveiller l’activité de toutes. (NSL, p. 85-86)
- 13 Porcher (Jocelyne), « IV. Une sociologie des animaux au travail », dans : Vinciane Despret éd. (...)
- 14 Porcher (Jocelyne), Schmitt (Tiphaine), « Les vaches collaborent-elles au travail ? Une questio (...)
- 15 Ibid., p. 243.
12Les tâches multiples et précises exercées inlassablement par les fourmis constituent un travail qui « aux yeux des humains, […] était passé inaperçu » (NSL, p. 87). Le travail invisibilisé des animaux est une thématique mobilisatrice pour des chercheuses comme Jocelyne Porcher et Tiphaine Schmitt, qui ont constaté que la sociologie du travail et du monde rural a longtemps ignoré l’implication et l’engagement dans le travail des animaux d’élevage. Dans les systèmes qui ne visent que la productivité et le rendement, ils ne sont souvent considérés que comme des ressources ou de la matière contenue dans une enveloppe corporelle qui fonctionne à la manière d’une machine jusqu’à la mise à mort de l’animal. Or, « pour les éleveurs, les animaux ne sont pas rien13 » et les liens qu’ils établissent avec leur bétail ne relèvent aucunement d’un univers machinal. Qu’animaux et fermiers tissent des liens, Ignace le prouve en passant près de ses « génisses […] qui étaient dans le pré » (NSL, p. 79). S’il constate amèrement qu’à son passage les vaches restent couchées et ne se dirigent pas vers lui, il se rappelle néanmoins que : « Autrefois, elles le suivaient tout le long de la clôture. Il est vrai qu’on ne les séparait pas si jeunes, alors, de leurs mères, pour en faire en un temps record de la chair à abattre. On les laissait s’allaiter, grandir, donner à leur tour du lait en abondance, connaître plusieurs hivers et autant d’étés, et répondre à leur nom jusqu’à un âge respectable. Le groupe avait le temps, alors, de se constituer hiérarchiquement, au terme de joutes solides et brèves où la plus combative et la plus intelligente prenait la tête du troupeau » (NSL, p. 79). Analysant les conduites de vaches laitières qui, contrairement aux génisses d’Ignace, sont confinées dans deux zones étroites séparées par un robot de traite, Porcher et Schmitt soulignent que « [l]’entretien constant des liens (se lécher mutuellement, se frotter l’une à l’autre, appuyer leur front ou leur menton sur une partie du corps d’une autre vache, se coucher et mettre leur tête à proximité de celle d’une congénère…) et les affinités entre les vaches permettent de limiter les interactions agressives14 ». Cultiver, malgré les joutes, une paix sociale au sein du troupeau permet aux génisses de maintenir des liens de qualité entre elles et envers l’éleveur. « Les vaches semblent donc “travailler” collectivement à ce que l’ambiance reste paisible15 ». Dans Nous sommes à la lisière, la sérénité est également ce qui se dégage de l’interaction entre le cheval Mensonge et la petite fille lorsque celle-ci décide de s’offrir une escapade avec lui en montant à cru, malgré son manque total d’expérience : « Mais il n’y a pas eu de déséquilibre. On aurait dit que Mensonge me transportait comme un fardeau précieux, un coffre d’or, d’encens ou de myrrhe […]. Je ne sais si Mensonge suivait une étoile, mais que j’aie été, ce jour-là, son trésor, je n’en ai pas douté un instant. Où me menait-il, moi qui avais cru que je le mènerais ? » (NSL, p. 62). À travers l’activité de portage et l’initiative du trajet parcouru, sont soulignés l’engagement et l’agentivité de Mensonge dans l’action et dans la construction d’un lien de confiance.
- 16 Référence à Denis (Jérôme), Pontille (David), Le Soin des choses. Politiques de la maintenance, P (...)
- 17 Denis (Jérôme), Pontille (David), Le soin des choses, op. cit., p. 15.
13Si le travail des animaux est mis en valeur, celui des humains n’est pas en reste. Les devoirs finis, la jeune narratrice de « Mensonge » s’emploie à « nettoyer les boxes » : « Je maniais la fourche et la brouette avec une force étonnante pour mon âge. […] je bouchonnais Mensonge. Puis je versais son grain dans l’auge de pierre qui courait le long du mur » (NSL, p. 55). Mais des tensions naissent parfois entre l’enfant et le palefrenier quand elle oublie de reboucher et de remettre en place un pot de pommade ou quand elle omet de rentrer la couverture de Mensonge qui risque de prendre la pluie. Le palefrenier lui jette alors un regard noir. Quant à elle, elle prend la méticulosité de ce dernier pour de la maniaquerie. Pourtant, la pratique du « soin des choses16 » les réunit. Tous deux répètent des gestes qui consistent à faire exister et durer les choses. Ils prêtent attention à des objets simples et ordinaires et leur activité discrète rend sensible à « cet invariant anthropologique trivial qui veut que les humains ne sont jamais entièrement nus sur Terre, qu’ils habitent le monde avec des choses17 ». Le soin apporté à Mensonge se double du soin des objets qui constituent le monde de l’animal.
14Un véritable travail de maintenance est également assuré par Ignace, qui se différencie des personnes pensant pouvoir jouir de son bois familial sans mesurer la valeur des nombreux gestes accomplis pour le faire exister. Il y a :
ceux qui disent « la nature est à tout le monde », mais ne savent pas ce qu’il en coûte de la maintenir : ils n’ont pas tenu la tronçonneuse ou la hache, des heures durant, n’ont pas débité, entassé, brûlé, ou transporté, n’ont pas mis à dimension, en les fendant sur le billot, les bûches destinées au chauffage, n’ont pas creusé les trous de nouvelles plantations, n’ont pas teinté de répulsif la pointe des jeunes sapins pour les protéger des chevreuils ou le pied des jeunes hêtres pour en chasser les lapins, n’ont pas regardé mourir, les années de sécheresse, le sommet des plus vieux chênes, et tomber, les jours de tempêtes, les derniers grands pins, ils veulent jouir sans se salir les mains, sans avoir peur, sans prévoir, sacrifier ni semer. (NSL, p. 80-81).
- 18 Stépanoff (Charles), L’Animal et la mort, op. cit., p. 351.
- 19 Ibid., p. 351.
- 20 Ibid., p. 352.
15En égrenant les actions par lesquelles il entretient des relations essentielles avec le milieu vivant, Ignace renvoie à « la division du travail moral » pointée par Charles Stépanoff. Faisant référence à une élégie écrite par Ronsard et intitulée Contre les bûcherons de la forêt de Gastine, Stépanoff illustre la division opérée en Occident entre les poètes et écrivains qui, de la nature, perçoivent les entités invisibles qui l’habitent et en font un espace où trouver le calme et puiser l’inspiration et les bûcherons qui, avec la nature, entretiendraient « un rapport brutal […] et socialement déprécié18 ». Or, si certaines personnes peuvent s’adonner à leur art c’est parce qu’elles se délestent d’un travail qu’elles déconsidèrent. En effet, « ces hommes de lettres se chauffent l’hiver avec du bois coupé par des bûcherons et transformé en charbon par des charbonniers19 ». Dans les sociétés animistes étudiées par Stépanoff, cette bipartition n’a pas cours. Ces sociétés peuvent simultanément pratiquer la chasse et avoir du respect pour le monde animal, loin de « la pensée moderne qui n’envisage que des modes relationnels épurés, tels que la protection bienveillante ou l’exploitation extractiviste20 ». En ce sens, Ignace est quelqu’un qui évolue en zone trouble et richement ambiguë puisqu’il peut élever avec soin et attention des vaches qui finiront à l’abattoir et qu’il peut couper des arbres dans un bois dont il assure la maintenance, l’existence et la transformation.
16Enfin, reste Charles Bronson, le propriétaire du Manège de Sante Fe, situé non loin du bois entretenu par Ignace. Chez lui, l’absence de soin apporté aux objets, aux bâtiments et à l’environnement va de pair avec un manque de sollicitude envers les animaux.
Autour du manège de Charles Bronson s’étendait un champ de détritus divers, canettes de boisson, sacs de plastique, un abreuvoir crevé et, face à l’entrée, un tas de fumier dont s’échappait jusque sur le chemin un liquide noir et nauséabond. Des chiens, côtes saillantes, aboyaient en poursuivant le promeneur. Le toit des écuries était en tôle ondulée, que le soleil, en été, devait chauffer à blanc, et une vieille caravane servait de remise à outils. Il n’y avait pas de piste de travail (NSL, p. 83-84).
- 21 Denis (Jérôme), Pontille (David), Le Soin des choses. op. cit., p. 93.
17Charles Bronson « proposait des promenades sur des chevaux bridés, sellés d’avance, et dont le poil ne voyait jamais la brosse » (NSL, p. 83). Manifestement, cet homme oublie que « rien ne tient ni ne dure “tout seul”21 », ce rien renvoyant aussi bien aux choses qu’aux êtres vivants.
Parentés dépareillées
18Au fil des nouvelles de son recueil, Caroline Lamarche dresse une galerie de couples désassortis et de familles hétéroclites. Si des humains adoptent des animaux, le contraire se vérifie aussi. Des parentés de cœur effacent des parentés biologiques ou s’ajoutent à celles-ci. Des rencontres et des liens interspécifiques permettent à la vie de gagner en densité.
19Il en va ainsi d’un hérisson qu’une femme imagine « blotti sous le ventre bienveillant d’une vache » (NSL, p. 104). Des récits entendus durant l’enfance de la narratrice rendent imaginable cette insolite proximité puisque « les gens disaient (à l’époque) que les hérissons, la nuit, tétaient les vaches » (NSL, p. 91). Autrefois, Ignace avait des génisses qui ne manquaient pas de « répondre à leur nom jusqu’à un âge respectable » (NSL, p. 79). Dans « Frou-Frou » est dépeinte la rencontre d’un homme protecteur et d’une cane qui le « prend pour sa maman » (NSL, p. 14) et qui en fait « un mec-maman » ou « son maman » (NSL, p. 21). Cette même cane fera penser à un pêcheur qu’elle l’a « adopté » (NSL, p. 22). Et puis, il arrive que la personne qui adopte se sente à son tour orpheline. C’est ce que ressent le mec-maman de Frou-Frou, quand il la croit définitivement partie : « Dans mon désarroi, orphelin d’elle, j’ai appelé, crié : “Frou-Frou, Frou-Frou !” » (NSL, p. 42).
- 22 Chauveau (Maria Mélanie), « Des animaux « parents » en pays Bishnoï », dans Matignon (Karine (...)
- 23 Stépanoff (Charles), L’Animal et la mort, op. cit., p. 107.
- 24 Ibid., p. 354.
20De ces parentés dépareillées, Maria Mélanie Chauveau fournit une illustration en évoquant les pratiques développées par la communauté des Bishnoïs, établie au nord-ouest de l’Inde. Cette communauté s’appuie sur des préceptes énoncés au XVe siècle qui la conduisent à établir des liens de parenté avec des antilopes et des gazelles. Végétariens et protecteurs à l’égard du vivant, « les Bishnoïs ne se sentent réellement “en affinité” qu’avec les bêtes “non-mangeuses de viande”, à savoir les herbivores et granivores22 ». Les sentiments de parenté qui relient cette communauté de 800 000 membres à certains animaux s’incarnent à travers l’allaitement au sein que les femmes Bishnoïs offrent aux faons orphelins, les pratiques funéraires réservées aux gazelles et antilopes – pratiques qui autorisent les Bishnoïs à transgresser l’interdit du toucher qui s’applique aux cadavres des autres animaux – et les sacrifices de vie humaine que la protection d’animaux et d’arbres justifie. L’adoption de petits animaux orphelins se produit également dans des sociétés indigènes sibériennes, amazoniennes mais aussi chez les Inuits et en Nouvelle-Guinée. « Orphelins dont la mère a été tuée par les chasseurs, ils sont parfois nourris au sein par les femmes23 ». Cet accueil et ce soin réservés aux orphelins seraient, selon Charles Stépanoff, « des façons de limiter et de compenser une violence24 », celle de la chasse.
- 25 Haraway (Donna J.), Vivre avec le trouble, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Vivien Garcia, V (...)
- 26 Ibid., p. 227.
21« Aux faiseuses et faiseurs de parentés dépareillées25 » est la dédicace qui ouvre le livre Vivre avec le trouble de Donna J. Haraway. Non contente de prôner l’importance et la richesse des assemblages les plus divers, Haraway prend position par rapport aux politiques natalistes en favorisant le slogan « Faites des parents » plutôt que la formule « Faites des enfants ». Désireuse de ne pas amplifier le désastre climatique, elle prône un changement de culture qui se mettrait au service des enfants en leur proposant une parentalité élargie à plus de deux parents. Pour les personnes âgées, elle imagine un système d’adoption dans lequel ces dernières seraient adoptées ou adoptantes en fonction de leur capacité d’agir. Haraway veille en tout cas à « faire en sorte que des mots comme “parentèle”, “parenté”, “parent” ou “proche” fassent référence à quelque chose d’autre/de plus qu’à des entités réunies par des liens d’ascendance ou de descendance, par des liens généalogiques […]. Le plus gentil (kindest) n’est pas forcément un parent (kin) de la famille26 ». Ce mot d’ordre harawayien, Caroline Lamarche ne manque pas de l’appliquer. Le narrateur de « Frou-Frou » rappelé par « le devoir filial » constate : « À vrai dire, je me serais bien passé de mon père […] impossible de lui expliquer ce truc d’un canard qui ne peut se passer de moi, il m’aurait ri au nez. Pour mon père, un animal blessé ou un arbre d’âge honorable doivent être éliminés » (NSL, p. 37). Quant à la toute jeune narratrice de « Mensonge », elle ne cesse de souligner l’absence de proximité qui prévaut entre elle et ses parents : « Je suis habituée à ce que personne ne me cherche. Dans la maison, ma mère promène ses nausées de son lit à la salle de bains » (NSL, p. 49). « Mon père a un métier de poussière. Même rentré à la maison, mon père sent la craie, et je respire mal dans cette odeur » (NSL, p. 53).
- 27 Ibid., p. 228.
22Multiplier les formes d’apparentement, avec ou sans liens de naissance, est sans doute le meilleur moyen « d’étirer et de recomposer la parenté27 ». De l’écureuil roux qui apparaît dans « Rudi », il est dit qu’il « repère ses proches à leurs cris et que lorsqu’ils ne se font plus entendre, il va voir ce qui est advenu d’eux et, le cas échéant, se charge de la portée orpheline » (NSL, p. 160). Les écureuils roux seraient effectivement dotés de la faculté de reconnaître les liens de parenté qui les unissent à leurs congénères. Pensant à Mary, cette mère qui a perdu six enfants en bas âge, la narratrice de « Rudi » se demande si « l’adoption d’une créature humaine par un animal est […] possible » (NSL, p. 164-165). Au refuge pour oiseaux, une « merlette […] nourrissait les cinq jeunes merles autour d’elle, comme l’aurait fait leur mère, sauf qu’elle n’était pas leur mère, juste une compagne de captivité » (NSL, p. 35). Cette fois, la prise en charge des petits merles s’organise en dehors de tout lien de parenté.
- 28 Ibid., p. 224.
23Haraway ne doute pas que tous les habitants de la Terre puissent devenir parents et ce, sans pour autant engendrer de descendance. Il est question de cultiver toutes les formes de connexion et d’attachements possibles avec le vivant en ne négligeant pas les disparus : « aucune forme renouvelée et générative d’épanouissement ne peut se déployer à partir […] de l’échec des devenirs-avec les morts et les disparus28 ». Sans doute est-ce la leçon à tirer de la nouvelle « Rudi » qui clôt le recueil de Caroline Lamarche. Si la femme endeuillée a pu, grâce à sa rencontre avec l’écureuil roux, remobiliser sa pensée et remettre en mouvement son corps anesthésié, il n’en demeure pas moins que « Les gens hantés par un deuil irréparable ne croient plus en l’avenir. Mais bien en l’imagination, d’où naissent les plus folles histoires. Ses histoires à elle, pourtant, n’inventent pas d’autres mondes. Pas d’autres amours non plus. Il leur suffit d’être complices de quelques vies sauvages » (NSL, p. 165).
Quand la vie insiste
- 29 Guichard (Thierry), « La vie au bout des doigts » dans Le Matricule des Anges. n° 251, mars 20 (...)
24Dans Nous sommes à la lisière sourd, çà et là, un questionnement inquiétant : le vivant, tous règnes confondus, pourra-t-il échapper à la mort, à la destruction que le péril environnemental rend de plus en plus plausibles ? Il se peut qu’en guise de réponse, le recueil se referme sur la nouvelle « Rudi » qui nous renvoie ce questionnement de manière inversée : la vie peut-elle s’enraciner dans la mort, qui plus est, la mort d’un enfant ? La conclusion de l’ultime nouvelle proposée par Caroline Lamarche ressemble à une phrase volée et à peine transformée de l’article « La vie au bout des doigts ». En célébrant « l’imagination » et « la complicité de quelques vies sauvages » l’autrice nous enseigne une manière de « mettre la vie à la fin [d’une nouvelle] débutée par la mort29 ». Pour tresser des complicités avec le monde animal, nul besoin de tourner le dos à notre cosmologie et de nous exiler dans des communautés animistes. Vaut pour le monde animal ce que la spécialiste en histoire de l’art, Estelle Zhong Mengual, dit du monde végétal :
- 30 Zhong Mengual (Estelle), Apprendre à voir, Arles, Actes Sud, coll. Mondes sauvages, 2021, p. 14.
« Si certains peuples animistes voient la forêt comme une communauté complexe, fourmillante et digne d’intérêt, et pas comme une vue esthétique en deux dimensions rattachée à une référence picturale, ce n’est pas parce que leur cosmologie établit a priori la forêt comme telle, mais parce qu’ils sont pris au quotidien dans des pratiques d’échange avec elle, qui la révèlent telle à leur perception30 ».
- 31 Ibid., p. 14.
25Et Zhong Mengual de conclure : « notre œil est relationnel, c’est-à-dire que ce que nous percevons du monde vivant émerge de nos pratiques à son égard31 ». Or, de pratiques et de gestes, les nouvelles de Caroline Lamarche en sont truffées : qu’il s’agisse de pratiques de soin, de nourrissage, de garde ou de gestes de tendresse, d’amour et de protection. Et ces pratiques d’échange ne sont pas dues aux seuls humains. Les animaux s’activent et s’engagent aussi dans des jeux d’interdépendance et des relations interspécifiques, si bien que les binarités et les catégories telles que parent-enfant, protégeant-protégé, adoptant-adopté… ne cessent d’être bousculées, voire inversées. Ainsi, le recueil de nouvelles Nous sommes à la lisière nous donne à voir un monde où, entre les créatures vivantes, s’inventent et se créent des communautés bigarrées, des couples dépareillés et des relations inattendues.
Notes
1 François (Virginie), « Les animaux, sujets littéraires », Le Monde, 29 janvier 2023.
2 Gramain (Michel), « Le monde animal dans les premières œuvres de Jean Giono », dans Labouret (Denis), Romestaing (Alain), dir., Les mondes de Jean Giono, Paris, Gallimard, coll. Les Cahiers de la NRF, 2022, p. 43.
3 Lamarche (Caroline), « La cane frappait au carreau », dans Libération, 15 mars 2019, (entretien réalisé par Frédérique Fanchette).
4 Stépanoff (Charles), L’Animal et la mort, Paris, La Découverte, coll. Sciences sociales du vivant, 2021, p. 75.
5 Lamarche (Caroline), Nous sommes à la lisière, Paris, Gallimard, 2019, p. 16-17. Dorénavant NSL.
6 Stépanoff (Charles), L’Animal et la mort, op. cit., p. 75. Ce recensement de milliers d’espèces vivantes, cité par Charles Stépanoff, est mentionné dans le livre de Wright (John), A Natural History of the Hedgerow : And Ditches, Dykes and Dry Stone Walls, Profile Books, Londres, 2016, p. 134.
7 Ibid., p. 74.
8 Descola (Philippe), « Les animaux et l’histoire, par-delà nature et culture », Revue d'histoire du XIXe siècle [En ligne], 54 | 2017, mis en ligne le 01 juillet 2019, URL : http://journals.openedition.org/rh19/5191 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rh19.5191
9 Haraway (Donna), Quand les espèces se rencontrent, traduit de l’anglais (États-Unis) par Fleur Courtois-l’Heureux, Paris, La Découverte, coll. Les empêcheurs de penser en rond, 2021, p. 36. Donna Haraway cite Jacques Derrida.
10 Despret (Vinciane), « Rencontrer un animal avec Donna Haraway », dans Critique, 2009/8-9 (n° 747-748), p. 746.
11 Haraway (Donna), Manifeste des espèces compagnes, Préface de Vinciane Despret, traduit de l’anglais (États-Unis) par Jérôme Hansen, Paris, Flammarion, coll. Climats, 2018, p. 21.
12 Ibid., p. 23. La philosophe Donna Haraway décrit sa relation avec sa chienne Madame Cayenne Pepper comme une relation amoureuse et charnelle. En dépeignant ce lien, Haraway tente de bousculer ce grand partage entre la nature et la culture. Elle met à mal l’exceptionnalisme humain, fait entendre que les partenaires, quels qu’ils soient, ne préexistent pas à la rencontre mais qu’ils se constituent à travers elle. Par ailleurs, elle considère que tous les organismes sont des écosystèmes de génomes de différentes espèces dont la mise en relation est notamment assurée par les bactéries, elles-mêmes considérées comme une espèce compagne. Voir à ce sujet : Esposito La Rossa (Maurizio), « Donna Haraway, Quand les espèces se rencontrent », dans L’Homme, 2022/3-4, (n° 243-244), p. 257-258.
13 Porcher (Jocelyne), « IV. Une sociologie des animaux au travail », dans : Vinciane Despret éd., Les Animaux : deux ou trois choses que nous savons d'eux. Paris, Hermann, coll. Colloque de Cerisy, 2014, p. 104.
14 Porcher (Jocelyne), Schmitt (Tiphaine), « Les vaches collaborent-elles au travail ? Une question de sociologie », dans Revue du MAUSS, 2010/1 (n° 35), p. 243.
15 Ibid., p. 243.
16 Référence à Denis (Jérôme), Pontille (David), Le Soin des choses. Politiques de la maintenance, Paris, La Découverte, coll. Terrains philosophiques, Paris, 2022.
17 Denis (Jérôme), Pontille (David), Le soin des choses, op. cit., p. 15.
18 Stépanoff (Charles), L’Animal et la mort, op. cit., p. 351.
19 Ibid., p. 351.
20 Ibid., p. 352.
21 Denis (Jérôme), Pontille (David), Le Soin des choses. op. cit., p. 93.
22 Chauveau (Maria Mélanie), « Des animaux « parents » en pays Bishnoï », dans Matignon (Karine Lou), dir., Révolutions animales, Lonrai, Les liens qui libèrent, 2019, p. 77.
23 Stépanoff (Charles), L’Animal et la mort, op. cit., p. 107.
24 Ibid., p. 354.
25 Haraway (Donna J.), Vivre avec le trouble, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Vivien Garcia, Vaulx-en-Velin, Les Éditions des mondes à faire, 2020, p. 5.
26 Ibid., p. 227.
27 Ibid., p. 228.
28 Ibid., p. 224.
29 Guichard (Thierry), « La vie au bout des doigts » dans Le Matricule des Anges. n° 251, mars 2024. Dans l’article, il est question de « mettre la vie à la fin d’une phrase débutée par la mort » et non de « mettre la vie à la fin d’une nouvelle débutée par la mort ». Ces quelques mots viennent à la suite d’une information donnée par Caroline Lamarche qui confie être « née après 4 fœtus morts : 3 fausses couches et une grossesse extra-utérine ».
30 Zhong Mengual (Estelle), Apprendre à voir, Arles, Actes Sud, coll. Mondes sauvages, 2021, p. 14.
31 Ibid., p. 14.
Haut de pagePour citer cet article
Référence papier
Nathalie Delchambre, « La figure de l’animal chez Caroline Lamarche », Textyles, 67 | 2024, 51-64.
Référence électronique
Nathalie Delchambre, « La figure de l’animal chez Caroline Lamarche », Textyles [En ligne], 67 | 2024, mis en ligne le 01 novembre 2024, consulté le 14 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/textyles/6763 ; DOI : https://doi.org/10.4000/12k5p
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