Notes
Extrait du poème « Marilyn » de Pier Paolo Pasolini, issu de La Persécution : une anthologie (1954-1970), poèmes choisis, présentés et traduits par René de Ceccatty, Paris, Points, 2014. Ce poème est également repris dans la voix-off de la première partie de son film La Rage (La Rabbia), 1963.
Regroupant les films : Pièce touchée (1989), Passage à l’acte (1993), Alone. Life Wastes Andy Hardy (1998).
Eva Waniek, « Martin Arnold : le cinéma et le corps, un art du luxe », Scratch Book, Yann Beauvais, Jean-Damien Collin (dir.), Paris, Scratch /Light Cone, 1998, p. 295.
Cet essai de 2 minutes 14 secondes n’a pas encore eu de projection publique, il est disponible sur demande via le site internet de l’artiste : https://www.martinarnold.info/ [consulté le 13 janvier 2020].
Rappelant le fonctionnement de ses remontages de cartoons : Shadow Cuts (2010), Soft Palate (2010), Haunted House (2011), Self Control (2011), Tooth Eruption (2013), Whistle Stop (2014), Black Holes (2015), Elsewhere (2016), Background Check (2020) précisément analysés ci-dessous.
Gentlemen Prefer Blondes, Howard Hawks, 1953.
Laura Mulvey, dans son court métrage Gentlemen Prefer Blondes (remix 2013), remonte elle aussi ce numéro pour en briser le mouvement et libérer un sens imperceptible à la vitesse originelle de projection (l’essai dure 3 minutes 32 secondes). Martin Arnold recycle les mêmes images sept ans plus tard.
In Tinseltown pourrait sans doute être lui aussi montré de cette façon : son mouvement suit une ouverture progressive jusqu’à la formation d’un visage puis se referme jusqu’au retour à l’image de départ, cette « respiration » appelle la répétition ou le recommencement.
Pierre Berthomieu évoque par exemple la plénitude du récit hollywoodien, des images et du sens, dès l’ouverture de son ouvrage Hollywood classique. Le temps des géants, Pertuis, Rouge Profond, 2009, p. 9.
Un élément toujours central dans les productions de l’artiste comme l’indique le récent Background Check, 2020.
Sur les questions d’absorption et d’organicité dans les cartoons de Martin Arnold, voir Emmanuelle André, « L’image me touche », Que peut une image ?, Dork Zabunyan (dir.), Les Carnets du BAL, n° 04, Paris, Le BAL- Textuel-Centre national des arts plastiques, 2014, p. 48-65.
Vincent Deville, Les Formes du montage dans le cinéma d’avant-garde, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2014, p. 32-33.
Ces travaux sont ici évoqués comme une série qui regroupe les films cités à la note 5.
Emmanuelle André, « L’image me touche », op. cit.
Ibid., p. 62.
Ces films sont toutefois bien réalisés grâce à un retrait numérique.
Reprenant l’idée caractéristique que le toon fait corps avec son univers. Cf. Johanne Villeneuve, « Vitesse et dématérialisation. Le corps du toon chez Tex Avery », Cinémas. Revue d’études cinématographiques, vol. 7, nº 1-2, automne 1996, p. 70, https://www.erudit.org/en/journals/cine/1996-v7-n1-2-cine1498743/1000932ar.pdf [consulté le 26 janvier 2021].
« Les dessins, comme il était naturel, étaient exécutés en noir sur du papier blanc. Mais à une époque où le scintillement était encore gênant dans les projections, ce fond blanc fatiguait la vue. Cohl projeta donc ses dessins animés en négatif et ils apparurent comme s’ils avaient été dessinés à la craie sur un tableau noir » (Georges Sadoul, Histoire générale du cinéma 2. Les pionniers du cinéma 1897-1909, Paris, Denoël, 1978 [1948], p. 456). Sur Fantasmagorie de Cohl, voir le texte de Li-Chen Kuo dans le présent volume.
Blinkity Blank repose également sur des apparitions et des disparitions en chaîne.
Ce terme est ici utilisé de manière courante et non problématisée pour renvoyer aux personnages de cartoons et à leur singularité corporelle (déformations, métamorphoses, etc.). Pour plus de précisions sur l’origine du mot et ses implications théoriques, voir Hervé Joubert-Laurencin, La Lettre volante : quatre essais sur le cinéma d’animation, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 1997, p. 111 et suiv.
In Tinseltown est le résultat d’une expérimentation menée par l’artiste avec une équipe informatique de l’Université Paris Diderot dans le cadre du projet Technological Uncanny porté par Emmanuelle André (Université Paris Diderot, CERILAC), Martine Beugnet (Université Paris Diderot, LARCA), les informaticiens Nicole Vincent et Camille Kurtz (Université Paris Descartes, LIPADE), financé par UDPN (usages des patrimoines numérisés). L’artiste avait été invité à expérimenter un logiciel permettant d’exploiter les données extraites d’images choisies et il s’est de suite intéressé à une faille du logiciel ; il a donc réalisé différentes expérimentations autour de ce dysfonctionnement dont résultent aujourd’hui deux films : In Tinseltown et Full Rehearsal (2017).
Marilyn porte une robe scintillante, sur laquelle certains points deviennent blancs lorsque la lumière les atteint ; Martin Arnold et son technicien informatique ont utilisé des paramètres comme l’intensité du blanc ou la taille des points pour créer la structure en étoile. Par exemple, plus les points sont gros et plus ils produisent de lignes, ou plus ils sont brillants, plus longues sont les lignes.
Le résultat donne l’impression qu’il s’agit de modèles 3D animés appliqués sous forme de caches sur les images originelles.
On pourrait ici établir un parallélisme avec les stars hollywoodiennes adoptant différents rôles au fil des films. Tex Avery en proposait d’ailleurs bien souvent la parodie.
Les personnages représentent des animaux mais leur animalité peut surtout renvoyer à la définition que propose Georges Bataille de l’animal, plaçant ce dernier du côté de la satisfaction immédiate de ses besoins et de ses désirs, tandis que l’homme chercherait à les dompter et à se soustraire à leur puissance.
Ce motif est visible dans : Soft Palate (2010), Haunted House (2011), Self Control (2011), Hydra (2013), Whistle Stop (2014) et Background Check (2020).
Voir Emmanuelle André, « L’image me touche », op. cit., p. 48-65.
Johanne Villeneuve, « Vitesse et dématérialisation », art. cit., p. 61.
Gilles Deleuze, Francis Bacon, logique de la sensation, Paris, Seuil, 2002 [1981], p. 95.
Ibid., p. 14.
Ibid.
Ibid.
Ibid.
Ce terme, emprunté de l’anglais, convient particulièrement à la description de Marilyn Monroe dans cette scène de danse : il fait référence à son charme et à sa capacité à séduire les spectateurs. Ainsi découpée par le remontage, sa bouche flottante, dans un mouvement hypnotique d’ouverture et de fermeture continuel, renvoie bien au pouvoir de fascination qu’elle peut exercer.
Gilles Deleuze, Francis Bacon, op. cit., p. 146.
Pour Johanne Villeneuve ces désirs constants de dévoration ont une connotation économique importante : « la dévoration du toon, c’est aussi celle à laquelle pousse le système basé sur la production en série » (« Vitesse et dématérialisation », art. cit., p. 62-63).
Laura Mulvey, « Le geste cinématographique : le fantôme dans la machine » [2015], Au-delà du plaisir visuel : féminismes, énigmes, cinéphilie, Paris, Mimésis, 2017, p. 156 : « (…) Les Hommes préfèrent les blondes, film qui lui confère son statut d’icône suprême du glamour hollywoodien et, donc, américain ». Voir également p. 153.
Pierre Berthomieu, Hollywood classique, op. cit., p. 552.
Ibid.
Laura Mulvey, « Le geste cinématographique », op. cit., p. 158-159.
Pierre Berthomieu, Hollywood classique, op. cit., p. 555.
Et la figure féminine plus particulièrement : par son assimilation à une « star-marchandise » remplaçable, qui n’a de valeur que sur une période limitée, et par son rapport particulier au vieillissement, deux facteurs qui imprègnent le visible des signes d’une dégénérescence à venir.
Edgar Morin, Les Stars, Paris, Seuil, 1957, p. 33 et p. 64.
Notion empruntée à Georges Bataille qu’il définit dans « La notion de dépense » (repris dans La Part maudite, Paris, Minuit, 2007 [1949], p. 23-45).
Vincent Deville, Les Formes du montage dans le cinéma d’avant-garde, op. cit., p. 217.
Laura Mulvey, « Le geste cinématographique : le fantôme dans la machine », op. cit., p. 155.
Ibid.
Laura Mulvey, Gentlemen Prefer Blondes (remix 2013).
Edgar Morin, Les Stars, op. cit., p. 100.
Nathalie Piégay-Gros, Le Futur antérieur de l’archive, Rimouski/ Trois Rivières, Tangence éditeur, 2012, p. 17. Elle souligne l’intérêt récent pour l’archive des écrivains, comme leurs brouillons, leurs notes, plutôt que pour leurs œuvres complètes, et fait le constat du « goût de notre époque pour l’œuvre “démonumentalisée”, qu’on préfère à l’œuvre lisse et achevée ».
Dans son texte consacré à l’étude de Marilyn Monroe comme motif iconographique, Éric Thouvenel rappelle qu’« il n’est guère de personnalités qui soient parvenues, avec ou sans leur consentement, à un tel degré d’incandescence ou de saturation iconographique ». Voir « Initials MM : Marilyn chez les autres », Hors-Champ, septembre-octobre 2019 : https://www.horschamp.qc.ca/spip.php?article849, [consulté le 16 avril 2020]. Cet article avait déjà fait l’objet d’une publication, dans une version légèrement différente, dans la revue TransversALL n° 2, « Archive(s) et création(s) », 2019 : https://transversall.hypotheses.org/546 [consulté le 16 avril 2020]. Le présent article s’inscrit dans le prolongement des réflexions proposées par Éric Thouvenel, qui s’intéresse à la façon dont le « motif Marilyn » a été réapproprié au cinéma.
Edgar Morin, Les Stars, op. cit., p. 163.
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