Navigation – Plan du site

AccueilNuméros28Recension bibliographiqueComptes rendusLaura Fournier-Finocchiaro, Donne...

Recension bibliographique
Comptes rendus

Laura Fournier-Finocchiaro, Donne combattenti nell’Italia del Risorgimento. Un percorso illustrato tra Italia e Francia

Mariella Colin
p. 215-217
Référence(s) :

Laura Fournier-Finocchiaro, Donne combattenti nell’Italia del Risorgimento. Un percorso illustrato tra Italia e Francia, Rome, Tab Edizioni (Università), 2025, 164 p.

Texte intégral

1L’histoire traditionnelle a présenté le Risorgimento comme un événement fondamentalement masculin, où les hommes avaient lutté pour réaliser le projet national, tandis que les femmes en avaient été les spectatrices passives, confinées dans leur rôle de mères ou d’épouses des héros combattants. Longtemps ignorée – ou bien effacée de la mémoire collective car considérée comme incompatible avec la nature féminine –, la participation des femmes militarisées à l’épopée nationale n’a commencé à être véritablement prise en considération par les historiens qu’en 2011, lors des célébrations du 150e anniversaire de l’unité italienne. Dans leur sillage, Laura Fournier-Finocchiaro a consulté tous les fonds d’archives des nombreux musées du Risorgimento sur le territoire italien pour réunir des documents démontrant leur présence dans les insurrections urbaines et sur les champs de bataille de cette période. Un corpus constitué de 141 illustrations (p. 101-147), complété par autant de notices historiques détaillées et fortement référencées (p. 33-99), auquel ont été ajoutées des reproductions d’images françaises ayant influencé l’imaginaire populaire italien. On découvre avec plaisir cette nouvelle contribution à l’histoire des femmes en Italie, et notamment leur participation effective aux luttes armées du Risorgimento ; cette étude a été rendue particulièrement attrayante par le choix de la présenter à partir d’un vaste répertoire de documents d’époque (dessins, portraits, vignettes et caricatures sur différents supports : tableaux, fresques, gravures, lithographies, estampes, feuilles volantes, photographies…) offrant au lecteur la perception immédiate de leurs figures et de leurs rôles.

2Le parcours illustré proposé ici a été réparti en six sections, correspondant à autant d’étapes significatives dans cette reconstitution franco-italienne des « femmes combattantes » de 1789 à 1870. Viennent en premières les représentations allégoriques, répondant à des objectifs divers : les unes voient dans les femmes guerrières des figures du « monde renversé » typique de l’imagerie d’Épinal, dans lequel les femmes occupent les rôles traditionnellement réservés aux hommes et vice versa

Italia turrita

3Lors de la seconde guerre d’indépendance (1859), la participation populaire – et notamment la participation féminine − fut loin d’être aussi importante qu’en 1848 ; les femmes représentées le sont en qualité de cantinières ou vivandières chargées de désaltérer ou de nourrir les soldats de Victor Emmanuel II et de Napoléon III, et elles portent l’uniforme de leurs armées respectives. Les combattantes furent en revanche nombreuses au sein des troupes garibaldiennes, plus populaires et moins disciplinées. Parmi les volontaires qui partirent sur les bateaux de Garibaldi en 1860 ne fut accueillie officiellement qu’une femme en chemise rouge (l’épouse de Francesco Crispi), tandis qu’une autre (Antonia Masanello) s’embarqua déguisée en homme, participa à toute l’expédition militaire et fut même promue caporal sous le nom d’emprunt de Tonino Marinelli. Des femmes aristocrates (la comtesse de Salasco) et des femmes étrangères (Jessie White Mario) firent partie du groupe ; ensuite des Siciliennes, présentes sur les barricades de Catane ou de Palerme armées de baïonnettes ou de fusils, s’unirent sur place aux Garibaldiens. Sur le versant adverse, on rencontre également des figures féminines parmi les adversaires du Risorgimento : la plus illustre fut sans doute Maria Sofia de Bavière, dernière reine de Naples, surnommé « l’héroïne de Gaète » pour avoir fait face à l’ennemi depuis sa forteresse. Une fois unifié, le nouvel État dut affronter dans le Mezzogiorno la révolte populaire du brigantaggio à laquelle participèrent également des brigantesse, dont ont été conservées de nombreuses photos ; parmi celles-ci, les plus marquantes furent les cheffes de bande, telle Maria Monaco dite Cicilla, photographiée dans une attitude de défi, l’air méprisant et le fusil à la main.

4Le catalogue édité par Laura Fournier-Finocchiaro a donc le mérite d’avoir ressuscité pour le lecteur les images des femmes qui prirent part de différentes manières aux luttes du Risorgimento, une période cruciale pour l’histoire italienne. Enfin la dernière section nous ramène en France parmi les femmes ayant participé à la Commune de Paris, comme les célèbres pétroleuses accusées d’avoir incendié la ville. Mais après 1870, les figures des femmes en armes et leur militantisme guerrier allaient disparaître en France et en Italie, pour laisser place aux mouvements internationaux pacifistes dont elles allaient être les nouvelles protagonistes.

Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Mariella Colin, « Laura Fournier-Finocchiaro, Donne combattenti nell’Italia del Risorgimento. Un percorso illustrato tra Italia e Francia »Transalpina, 28 | 2025, 215-217.

Référence électronique

Mariella Colin, « Laura Fournier-Finocchiaro, Donne combattenti nell’Italia del Risorgimento. Un percorso illustrato tra Italia e Francia »Transalpina [En ligne], 28 | 2025, mis en ligne le 16 septembre 2025, consulté le 11 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/transalpina/5950 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14ohe

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search