Chahut lors d’un colloque sur la Shoah en Pologne
Texte intégral
1Les 21 et 22 février se déroulait, à l’EHESS (l'École des Hautes Études en Sciences Sociales) de Paris, un colloque international sur « la nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah », en partenariat avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, le CNRS et l’Université de Strasbourg. Le but des organisateurs du colloque, Olga Byrska (EHESS), Audrey Kichelewski (Université de Strasbourg), Judith Lyon-Caen (EHESS), Jean-Charles Szurek (CNRS), Dominique Trimbur (FMS), Annette Wieviorka (CNRS), Claire Zalc (EHESS/CNRS), était de présenter au public français des travaux, récents et novateurs, sur l’histoire de la Shoah en Pologne et de diffuser les derniers échos des recherches entreprises par des historiens polonais et d’autres pays.
2Avant l’ouverture de ce colloque, la direction de l’EHESS avait subi des pressions, parfois menaçantes, pour annuler le colloque. Les opposants polonais à cette manifestation scientifique ont dénoncé des discours anti-polonais, refusant de reconnaître l’implication des certains Polonais dans le massacre de juifs. Selon eux, ce qui s’est passé en Pologne est le fait des seuls Allemands. Durant le colloque, ils affichaient un nationalisme sourcilleux dans une expression verbale violente, interrompant les conférenciers, les accusant de nuire à la réputation de la Pologne et de falsifier l’histoire de la Shoah en Pologne.
3Des chercheurs polonais, de réputation internationale, ont été conspués. Le professeur Jacek Leociak de l'Académie des sciences de Pologne a été insulté. Le professeur Jan Grabowski, de l’Université d’Ottawa, a été apostrophé par un « sale juif ». Jan Tomasz Gross, de l’université de New York et auteur du livre Les voisins. Un massacre en Pologne, 10 juillet 1941 (paru en 2001, sorti en français chez Fayard en 2002 et réédité par Les Belles Lettres en mars 2019) à propos du massacre de juifs par leurs voisins polonais à Jedwabne, a lui-même été mis à mal, tant ses travaux sont rejetés par un courant nationaliste polonais qui gagne du terrain et dont les représentants se sont manifestés bruyamment lors de ce colloque. Les perturbations verbales accompagnées de gestes réprobateurs ont empêché la bonne tenue de cette rencontre scientifique internationale.
4Le directeur de l’EHESS ainsi que la ministre de tutelle se sont émus de ces incidents qui ne sont pas anodins.
5Dans son numéro 60 de l’automne 2010 – hiver 2001, Tsafon publiait un dossier sur « Mille ans de vie juive en Pologne », dans lequel Edyta Gawron, de l’université Jagellonne de Cracovie, signait un article intitulé : « L’histoire des Voisins de J.T. Gross comme exemple d’incitation à un débat historique national » (p. 51-69). Elle y rendait déjà compte de la controverse que suscitait l’ouvrage de J.T. Gross, en Pologne.
Pour citer cet article
Référence papier
Par Danielle Delmaire, « Chahut lors d’un colloque sur la Shoah en Pologne », Tsafon, 77 | 2019, 165-166.
Référence électronique
Par Danielle Delmaire, « Chahut lors d’un colloque sur la Shoah en Pologne », Tsafon [En ligne], 77 | 2019, mis en ligne le 09 septembre 2019, consulté le 09 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/tsafon/2049 ; DOI : https://doi.org/10.4000/tsafon.2049
Haut de pageDroits d’auteur
Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Haut de page

