- 1 Michael Allen, « Introduction : ‘This Much I Know...’ » in Reading CSI: Television Under the Micros (...)
- 2 Cf. Hélène Monnet-Cantagrel, Les Experts. Au nom de la science, Paris, Atlande, 2017, p. 21-22 et M (...)
1Crime Scene Investigation, série policière créée par Anthony E. Zuiker, produite par Jerry Bruckheimer1, et diffusée sur le network CBS entre 2000 et 2015, est sans conteste la série télévisée la plus populaire de cette période2. Renouvelant, par ses personnages scientifiques travaillant pour le Crime Lab de Las Vegas, le genre historique de la série policière formulaire (dans laquelle, depuis Dragnet, dans les années 1950, chaque épisode voit le bouclage d’une ou plusieurs enquêtes criminelles), CSI trône pendant plusieurs années en tête des mesures d’audience, tout autant aux États-Unis que dans le monde, si bien qu’elle se déclinera en deux spin-offs à succès et influencera de nombreuses séries policières mettant en vedette des scientifiques (Preuve à l’appui, Bones, Numb3rs, Lie To Me…).
2Toutefois, après un pic d’audience lors de la 5e saison avec plus de 28 millions de téléspectateur.rices en moyenne, une érosion arrive lors de la 6e saison et pousse les showrunner.euses à trouver des solutions de fidélisation du public. La 7e saison apparaît dès lors comme une tentative expérimentale d’introduire une dose de feuilletonnant au long cours au travers d’un antagoniste surnommé le « miniature killer » (« le tueur aux maquettes »). Cet arc narratif, initié dès le premier épisode de la saison, permettra même à la série de produire, fait inédit, un cliffhanger de fin de saison, laissant en suspens le sort d’un des personnages principaux de la série, Sara Sidle (Jorja Fox). Cette introduction structurelle du feuilletonnant dans une série jusqu’alors formulaire et dont l’identité narrative repose ontologiquement sur la promesse d’un dénouement épisodique des enquêtes relève alors d’une gageure. Nous nous poserons donc la question : jusqu’où peut-on faire ployer les modèles narratifs et esthétiques d’une série formulaire, afin d’en régénérer le modèle, sans pour autant lui faire perdre son identité ?
3Dans un premier temps, nous questionnerons ainsi les implications esthétiques et narratives du choix de cet antagoniste, librement inspiré par la pionnière américaine de la « médecine légale » (ou « science forensique ») Frances Glessner Lee et ses célèbres maquettes reconstituant des scènes de crime. Fonctionnant en abyme comme représentations visuelles de la formule de la série, où l’attention aux détails est le ressort esthétique principal (le CSI shot est en effet un procédé audiovisuel marquant) et préside à la structure narrative, où le détail encore, devenu indice (« evidence »), constitue le rouage logique permettant l’avancée de l’enquête, les maquettes de ce serial killer fonctionnent en effet comme un procédé réflexif sériel. Qualifié de véritable « Moriarty » par Kenneth Fink, réalisateur et coproducteur exécutif de la série, nous verrons comment ce « miniature killer » relance ainsi, par ses « créations », une attention renouvelée à la formule sérielle tout en la mettant à mal. Ainsi cette dernière sera, tout au long de cette 7e saison, sans cesse questionnée et reformulée.
4Dans un second temps, nous verrons comment la structuration feuilletonnante de l’arc narratif du « miniature killer » interagit tout au long de la saison avec le modèle formulaire sérielle. Alors que la formule originelle met en lumière l’importance de la rationalisation scientifique pour résoudre les enquêtes (sur le modèle du story-driven plot), le feuilletonnant introduit un contre-modèle où la place des personnages et leur psychologie prend une certaine importance (on parle alors de character-driven plot). Nous verrons que l’influence du feuilletonnant va ainsi essaimer tout au long de cette 7e saison au-delà de cet arc narratif « en miniature » pour contaminer les personnages principaux et leur donner une épaisseur psychologique à vertu fidélisante : arc narratif lié à l’agression de Greg Sanders (Eric Szmanda) ; celui de Michael Keppler (Liev Schreiber), nouvel enquêteur scientifique remplaçant temporairement Grissom (William Petersen) et qui s’intéresse au profilage psychologique ; celui de la relation sentimentale entre Sara Sidle et Gil Grissom ; ou bien encore l’émergence de personnages secondaires récurrents tels que David Hodges. Enfin, cette influence feuilletonnante permet aussi de questionner, en miroir, le modèle formulaire épisodique qui se verra reconfigurer ponctuellement dans des épisodes isolés de la saison expérimentant des variations de registres et/ou de focalisations narratives. Dès lors, nous tenterons de mettre en évidence comment cette introduction feuilletonnante dans la série permet un espace d’expérimentation esthétique et narratif reconfigurant les possibles de la formule de la série qui, dans cette 7e saison, est l’enjeu d’une remise en question profonde.
- 3 Le terme de « procédural » est assez évocateur ici car le mot procédure, à la dimension juridique f (...)
- 4 Cf. Sue Turnbull, « The Hook and the Look. ‘CSI and the Aesthetics of the Television Crime Series’ (...)
5CSI est une série policière que nous nommerons « formulaire » ou « procédurale3 ». Elle en constitue même un modèle canonique. Son principe narratif de base est ainsi de proposer un (ou plusieurs) récit(s) clos dans le temps de l’épisode. Autrement dit, chaque épisode contient essentiellement une ou plusieurs enquêtes bouclées. Cette formule hyper itérative, parfaitement adaptée au genre policier, trouve son origine dans la série Dragnet (Jack Webb, 1951-1959, NBC) avec laquelle CSI partage quelques points communs4. Ainsi la structure narrative et dramaturgique se retrouve à l’identique dans chaque épisode, dévoilant généralement deux ou trois enquêtes en parallèle, dans un récit découpé en 4 actes de 10 à 12 minutes (rythme des coupures publicitaires du network) représentant 35 séquences en moyenne.
6La logique narrative de CSI est simple et s’articule autour de séquences-clés : d’une part, la découverte de la ou des scènes de crime (constatation, relevé d’indices), se prolongeant généralement par l’autopsie des victimes et/ou l’analyse en laboratoire des indices collectés et, d’autre part, les interrogatoires des témoins ou des suspects. On remarque que la formule sérielle met en évidence l’alternance de deux types d’activités : la collecte et l’analyse, et l’interrogatoire, la première mettant en évidence les techniques scientifiques, la seconde permettant d’évoquer, de manière plus développée, la psychologie des personnages secondaires. Toutefois, c’est plutôt le premier type de séquences qui permet d’établir la vérité et démasquer les criminels à l’aide des méthodes scientifiques.
Fig. 1 : Schéma narratif et dramaturgique synthétique de l’épisode pilote
7Dans ce schéma dramaturgique et narratif de l’épisode pilote, nous pouvons voir que trois enquêtes sont présentées, dont l’une demeurera irrésolue. Si la formule n’est pas tout à fait encore stabilisée dans le pilote, qui propose une caractérisation sommaire des personnages principaux dans l’acte 1, ainsi qu’un fil narratif avec un jeune agent qui finira assassinée à la fin de l’épisode, on en retrouve toutefois les grandes lignes. De même, nous notons que les séquences « scientifiques » (relevés et analyses d’indices) sont plus nombreuses que les séquences d’interrogatoires (10 contre 6).
8Comme l’ont démontré Céline Nguyen, Marianne Chouteau, Eric Triquet et Catherine Bruguière, l’originalité de CSI est de mettre sur le même plan enquête policière et enquête scientifique :
- 5 Céline Nguyen, Marianne Chouteau, Eric Triquet et Catherine Bruguière, « La perspective narrative d (...)
Le travail (classique) d’enquête et l’investigation scientifique apparaissent en fait complètement imbriqués. Ils semblent se répondre, comme dans une partie de ping-pong. Parfois c’est l’enquête policière (EP) qui déclenche une investigation scientifique (IS) [...]. Parfois, c’est l’inverse [...]. Mais, fait remarquable, c’est la preuve scientifique qui – à la toute fin de l’épisode – permet de trancher. »5
- 6 Gérard Wajcman, Les Experts. La Police des morts, Paris, PUF, 2015, p. 57.
- 7 Ibid.
9Autrement dit, la méthode scientifique, plus que l’enquête policière classique (les interrogatoires permettant d’obtenir des aveux, par exemple), est le fil directeur et l’enjeu principal de chaque enquête épisodique. Il est donc normal de noter que les séquences de relevés et d’analyse d’indices soient plus nombreuses que celles d’interrogatoires des suspects ou témoins. Ainsi, si l’on remarque, comme le fait Gérard Wajcman, qu’« il y a des séries qui portent sur le crime et d’autres sur le criminel6 » alors, indéniablement, CSI est une série qui s’intéresse plus aux crimes qu’aux criminels et « […] l’enquête scientifique regarde le crime comme un fait, et non comme un acte7. » Cette originalité de CSI montre à quel point la psychologie humaine n’est pas au cœur de sa formule.
- 8 Hélène Monnet-Cantagrel, op. cit., p. 66.
- 9 On ne voit quasiment jamais leurs appartements personnels, par exemple.
- 10 Sue Turnbull, op. cit., p. 21 : « There is little on-going character development amongst the major (...)
10D’ailleurs, la psychologie des protagonistes est assez rudimentaire et repose sur quelques grandes caractéristiques stables et peu évolutives. La formule de CSI place les enquêteurs et enquêtrices à la périphérie du récit, et en limite la profondeur. C’est ce qu’indique Hélène Monnet-Cantagrel : « Les personnages sont donc représentés à travers ce prisme exclusif de leur métier ; ils sont des agents au service du récit8. » Non pas que leur vie intime ne soit strictement rendue invisible par la formule mais que celle-ci demeure marginalisée à l’extrême9. Comme l’écrit Sue Turnbull : « Les personnages principaux évoluent peu, l’accent étant mis sur la police plutôt que sur les policiers10. » Ce qui intéresse principalement la série, c’est de montrer des professionnels au travail, des méthodes permettant la capture de criminels. Et ces techniques scientifiques, objectives, ne peuvent que mettre à distance toute émotion, tout sentiment, toute psychologie. Les preuves, contrairement aux humains, ne mentent pas, ne se trompent pas. Elles mènent immanquablement à la vérité.
11Jean-Pierre Esquenazi résume la formule de CSI à travers des caractéristiques narratives et esthétiques qui vont en partie éclairer notre analyse à venir.
- 11 Jean-Pierre Esquenazi, Les Séries télévisées: l'avenir du cinéma?, Armand Colin, 2014, p. 155.
Le système narratif de tout récit policier est le résultat du tissage de deux récits : le premier est celui du crime et le second celui de l’enquête (Todorov, 1971). La prééminence de l’un ou de l’autre et les relations qu’ils entretiennent dans le cours de la narration définissent sa particularité. L’articulation entre les deux récits, en général opérée par la seule scène qui leur est commune, la scène de crime, est décisive. La formule de CSI pose que les investigations des enquêteurs dans la scène de crime suffisent à constituer le récit de l’enquête comme à reconstituer le récit du crime. Certaines images, fréquentes dans les premières saisons, synthétisent ce projet. Notamment quand nous suivons un enquêteur (récit de l’enquête) relevant des traces sur la scène de crime. L’une d’entre elles lui fait imaginer la façon dont les choses se sont passées : l’image issue de son raisonnement (récit du crime) se superpose alors à la sienne à l’intérieur du même décor. Ainsi disposons-nous de l’articulation des deux récits constitutifs de la narration policière sans sortir de la scène de crime11.
- 12 Cf. Maud Desmet, « Voir son propre corps : gros plans et CSI shot dans Les Experts et Dr House, que (...)
12Mettant en lumière la transparence qui unit le titre de la série au contenu principal des épisodes, l’enquête de la scène de crime (traduction littérale de Crime Scene Investigation) constitue ainsi le « décor » du récit et demeure l’enjeu central de chaque épisode. Cette prégnance narrative de la scène de crime met en lumière la récurrence d’un motif esthétique original appelé le CSI shot12.
- 13 Jean-Pierre Esquenazi, op. cit., p. 156.
Nous accompagnons leur recherche patiente [des enquêteurs scientifiques] dans de longs et lents panoramiques, seulement suspendus par l’immobilisation du personnage soudain à l’arrêt ; un indice a été relevé, qui nous est désigné par un gros plan. […]. Parfois, le regard s’aiguise : la caméra s’approche encore de l’objet, qui peut être à cet instant une partie du corps examiné par le médecin légiste ou l’indice transporté jusqu’au laboratoire, et semble en pénétrer la structure. Ces plans souvent vantés [CSI shots] pour leur caractère spectaculaire sont aussi une parfaite incarnation de la volonté des enquêteurs de fouiller tous les indices à leur disposition afin de proposer une interprétation juste des faits13.
- 14 Eileen Rositzka, « Les Experts » in L’Univers des séries TV. Le meilleur des 25 dernières années se (...)
13Si, d’un point de vue esthétique, le CSI shot met l’accent sur un motif esthétique central, celui du très gros plan (ou insert) de détail, de l’indice relevé puis révélé, il permet aussi de faire le lien avec la formule narrative sérielle dans le sens où il relance systématiquement l’enquête14. C’est en effet grâce aux détails, mis en lumière par les méthodes d’analyse scientifiques en tant qu’indices, que se structure ainsi chaque enquête, menant vers la vérité. Et cette vérité à révéler est finalement, déjà, pourrait-on dire, en abyme dans la scène de crime...
- 15 Robert Stam, Reflexivity in Film and Literature. From Don Quixote to Jean-Luc Godard, Ann Arbor, UM (...)
14Les miniatures de cette 7e saison produisent ainsi un fort effet de réflexivité et plus précisément de mise en abyme. Nous entendons ici par le terme de réflexivité, à la suite de Robert Stam, un procédé par lequel une œuvre représente (révèle et ainsi problématise, pourrait-on ajouter) un ou plusieurs processus liés à sa production et/ou sa réception15.
- 16 Cf. Lucien Dallenbäch, Le Récit spéculaire: essai sur la mise en abyme, Paris, Éditions du Seuil, 1 (...)
15Le terme de mise en abyme, en tant qu’il s’agit d’un procédé par lequel l’œuvre se duplique à l’intérieur d’elle-même, fait partie de la sphère de la réflexivité16. D’ailleurs, le terme de « miniature killer », plus pertinent pour notre analyse que sa traduction française de « tueurs aux maquettes », indique bien en lui-même l’idée de la mise en abyme. En effet, par définition, la mise en abyme est la représentation « en miniature » de l’œuvre à l’intérieur d’elle-même… Dès lors, les créations de ce serial killer vont fonctionner comme des miroirs internes à la série pour la (ou y) réfléchir, en montrer les implications structurelles, tant au niveau esthétique que narratif.
16D’un point de vue esthétique, l’imbrication visuelle de la miniature, non reconnue immédiatement comme telle, entre les séquences où l’on voit Catherine Willows (Marg Helgenberger) et Gil Grissom, que ce soit par la faible luminosité ambiante, par l’empiétement musical, mais aussi par le raccord regard, produit un double effet : elle relance l’attention vers une nouvelle scène de crime tout en attirant l’attention audiovisuelle sur le caractère minutieux de sa fabrication, et donc sur les détails à voir et à analyser.
Fig. 2 : Regard de Catherine
Fig. 3 : Raccord invisible avec la maquette
Fig. 4 : La maquette révélée
17Ces maquettes originales renvoient à Frances Glessner Lee, la célèbre pionnière de la science médico-légale aux États-Unis et véritable créatrice de maquettes de scènes de crime17. Née en 1878, et issue d’une famille bourgeoise de Chicago, cette passionnée de médecine légale et de Sherlock Holmes, se voit interdit d’étudier à l’université. Divorcée à 36 ans, elle doit attendre la mort de ses parents et de son frère, dans les années 1930 pour se lancer dans sa passion pour la « science forensique ». Elle a alors 52 ans. Elle fait la rencontre du médecin légiste en chef de la ville de Boston : George Burgess Magrath, ami de son frère, et dont elle subventionnera la chaire de médecine légale à l’université de Harvard. Dans la foulée, c’est la création du premier département de médecine légale aux États-Unis, toujours dans la prestigieuse université. Ils mèneront ensemble une véritable révolution des investigations médico-légales et de l’analyse des scènes de crimes. C’est dans les années 1940 et 1950 que Frances Glessner Lee fabrique une vingtaine de méticuleuses miniatures, très fidèlement inspirées de véritables crimes contemporains. Ces Nutshell Studies of Unexplained Death (Études réduites de morts inexpliquées), toujours conservées et visibles au centre de médecine légiste du Maryland à Baltimore, sont montrées aux étudiant.e.s lors de séminaires au cours desquels elle leur propose, en 90 minutes d’observation minutieuse (soit le temps de deux épisodes de CSI !), d’élucider les crimes. Reproduisant les moindres détails de la scène (le système électrique est autonome et parfaitement fonctionnel, la matière des vêtements est identique à celle des victimes et, si un journal apparaît, il contient les articles exacts de celui retrouvé près des victimes…), ces miniatures reproduisant le réel portent en elles l’enjeu scientifique de l’analyse de scène de crime et évoquent indubitablement, en miniature, celui de la formule sérielle de CSI. De l’aveu même de Sarah Goldfinger, productrice exécutive sur la série, le succès de CSI repose sur l’analyse d’indices à taille réduite (un cheveu, un morceau d’objet, etc.). Dès lors, l’utilisation de la « scène de crime miniature » est explicitement une métaphore de la « formule à succès » de la série. Cette mise en abyme fonctionnerait ainsi comme une sorte de rappel, comme si la série, en baisse d’audience, devait se souvenir de ce qui a construit son succès, sous peine de disparaître.
18Sur le plan narratif, nous remarquons que l’irruption de cette miniature, arpentée longuement et lentement, (re)met en lumière l’attention sur les détails qui est au cœur de la formule narrative sérielle. La miniature met sens dessus dessous la formule sérielle pour mieux la donner à voir. Ainsi, on note que l’on entre dans la séquence de la miniature à l'envers, c’est-à-dire par le détail et non par un traditionnel plan d'ensemble de la scène de crime (dans une série où l'establishing shot ouvre chaque épisode et de nombreuses séquences, c'est d'autant plus remarquable). Cette inversion de la « grammaire » visuelle et narrative de la série (re)met ainsi en évidence la primauté du détail. De plus, dédoublant le foyer du regard par sa présence, la miniature ne donne plus à analyser une scène de crime mais deux. Car il faut en effet enquêter à la fois sur la véritable scène de crime et à l’intérieur de l’espace en miniature créé par l’assassin. Le regard se dédouble, à la recherche ainsi de ressemblances et dissemblances qui pourraient se révéler pertinentes dans l’avancée de l’enquête et la traque du criminel. On voit bien qu’il s’agit de relancer l’attention aux détails, dans un jeu ludique d’enquête, mettant en lumière cet élément narratif central. C’est d’ailleurs toute la fascination jubilatoire (et troublante) témoignée par Grissom pour cet objet.
Fig. 5 & 6 : La miniature comme lieu de l’attention aux détails
19D’un point de vue narratif encore, mais cette fois-ci au niveau macro-structurel, l’emboîtement de la première apparition de la miniature produit une idée particulièrement troublante. En effet, l’illusion construite par le raccord regard laisse penser que non seulement l’espace de la miniature est au départ réel mais surtout que cet espace contient le personnage de Catherine.
20Autrement dit, cet emboîtement originel, par le raccord trompeur, l’enferme imaginairement et réflexivement dans une scène de crime… ce qui est exactement la situation narrative du personnage. En effet, nous avons laissé Catherine en train de boire dans un bar dans la séquence précédente, pour la retrouver, étourdie et nue, dans une chambre d’hôtel. Probablement droguée, peut-être même violée, elle se retrouve donc à devoir enquêter sur elle-même, à devenir, dans une position réflexive, face au miroir, à la fois victime et enquêtrice.
Fig. 7 : Catherine au miroir, enquêtrice victime
21On peut donc émettre l’hypothèse que la miniature provoque une sorte de « contamination narrative » qui semble affecter tout autant la structure épisodique formulaire que l’implication des personnages principaux à l’intérieur de cette formule narrative. Autrement dit, l’irruption de cette maquette, et de ce tueur en série, semble menacer le modèle sériel formulaire dès son apparition. Mais qu’en est-il dans le reste de la saison ?
22D’un point de vue macro-structurel, il est donc intéressant de voir comment cet arc narratif reconfigure la saison en y injectant une part non-négligeable de feuilletonnant.
23Dans le schéma suivant, j’ai ainsi répertorié les 24 épisodes en les répartissant selon leur tendance formulaire canonique (des épisodes autonomes avec des enquêtes bouclées) ou feuilletonnante (mettant en jeu l’évolution psychologique des personnages principaux).
Fig. 8 : Schéma macro-structurel des arcs narratifs feuilletonnants et des épisodes formulaires isolés
- 18 Dans ces épisodes, en effet, la dose minime de feuilletonnant indiquée fait plutôt office de « dose (...)
24Dans la ligne du haut, intitulée F., on retrouve les épisodes formulaires18, tandis que dans celle du bas, nommée S.F, on retrouve les épisodes que je qualifierais de semi-feuilletonnant. Une première observation laisse apparaître une tendance majoritaire des épisodes feuilletonnants en lien avec la vie privée des protagonistes (parmi lesquels je compte Mike Keppler, substitut de Grissom dans 4 épisodes de la saison). Autrement dit, 14 épisodes sur 24 sont feuilletonnants, soit les deux tiers de la saison.
25L’arc narratif surligné en jaune est celui, principal de la saison, consacré au « miniature killer » : 13 épisodes sur les 24 de la saison font référence à cet antagoniste à des degrés divers… et j’ai répertorié le nombre de séquences par épisode qui y sont consacrés (de 1, simple évocation, à 42, l’épisode en intégralité). On voit dès lors que c’est une structuration importante, du premier au dernier épisode, qui va sans cesse relancer l’attention et faire avancer une enquête qui se trouve donc étirée sur l’ensemble de la saison, pour la première fois dans CSI.
- 19 Acronyme consacré par les fans de la série de Grissom Sara Romance.
26Toutefois, nous remarquons que cet arc narratif structurant n’est pas le seul de la saison, qui en voit se dessiner, à des degrés divers là encore, au moins trois autres : le premier, noté Gr., correspond à l’arc narratif lié au personnage de Greg Sanders (4 épisodes) ; le second, intitulé K., représente l’arc narratif lié au personnage de Mike Keppler (sur 4 épisodes entiers et consécutifs en milieu de saison) ; et enfin, le troisième, nommé GSR19, l’arc narratif lié à la romance entre Grissom et Sara (10 épisodes sur les 24 évoquent, souvent brièvement, cette relation). On pourrait ajouter un arc narratif lié à d’autres saisons, puisque Lady Heather (Melinda Clarke), déjà vue dans les épisodes S02E08, S03E15 et S06E15, revient pour l’épisode 23 de la saison.
27Ce tressage narratif macro-structurel montre bien qu’en filigrane de l’arc narratif du serial killer saisonnier, la 7e saison de CSI expérimente du feuilletonnant à un assez haut degré, reconfigurant son modèle formulaire canonique et proposant de moduler le caractère story-driven des récits vers une dimension plutôt character-driven.
28Comme le rappelle Doug Petrie, producteur exécutif de CSI, avec le miniature killer, c’est la première fois que la série propose un antagoniste qui s’étend sur l’ensemble d’une saison. Cet étirement narratif met en lumière le potentiel de déstabilisation qui est ainsi introduit dans une formule sérielle construite ontologiquement sur la promesse d’une arrestation du criminel avant la fin de l’épisode. Autrement dit, le « miniature killer » est un défi lancé à la stabilité de la formule de CSI car il échappe, par sa nature feuilletonnante, à l’arrestation promise par le récit épisodique.
29Comme nous l’avons vu, cette mise en échec de la formule originelle, mise sens dessus dessous, a pour conséquence première de proposer d’entrer plus avant dans la vie intime des personnages principaux. Le feuilletonnant libère la dimension affective des protagonistes que la série formulaire tentait de circonscrire et de laisser plutôt du côté des victimes et des criminels, et non des enquêteurs et enquêtrices. Ce déplacement vers la dimension character-driven des récits implique un attachement affectif plus fort avec les personnages principaux, et un développement d’intrigues plus dramatiques les concernant, au risque de les transformer inévitablement, en victimes de crimes.
30Ainsi, on note que Catherine est agressée dans le premier épisode tandis que Greg Sanders, dans le quatrième, s’interpose dans une agression et tue un assaillant avant d’être battu sévèrement. Il en est de même pour Mike Keppler qui, hanté par un traumatisme passé, finira par être assassiné au bout de quatre épisodes. La romance entre Sara et Grissom, initiée véritablement depuis la 4e saison et concrétisée à la toute fin de la 6e, est un fil narratif diffus tout au long de cette 7e saison, étroitement imbriqué avec l’arc narratif du « miniature killer », transformant le couple in fine en victimes du tueur en série. On remarque donc que l’enjeu structurel du feuilletonnant dans cette saison lie, comme dans un miroir, le développement de la vie intime des protagonistes et l’angoisse d’une réversibilité quasi mortelle entre les places d’enquêteur.rice.s et de victimes.
- 20 Arthur Conan Doyle, Le Signe des Quatre, Édition du groupe « Ebooks libres et gratuits », février 1 (...)
- 21 Hélène Monnet-Cantagrel, op. cit., p. 66.
31Nous l’avons vu précédemment, la caractérisation psychologique des enquêteurs de CSI demeure assez sommaire, mettant, à l’exemple, de son chef d’équipe Gil Grissom, les émotions, sentiments et psychologies à distance. En ce sens, Gil Grissom est un descendant de Sherlock Holmes, celui par exemple qui dit : « Il est essentiel que je ne me laisse pas influencer par des qualités personnelles. Un client n’est pour moi que l’élément d’un problème. L’émotivité contrarie le raisonnement clair et le jugement sain20. » En effet, dans le pilote de CSI, Gil Grissom rappelle à Warrick Brown (Gary Dourdan) : « Concentrate on what cannot lie: the evidence » ou bien encore : « We look at each case objectively, without presupposition, regardless of race, color, creed or bubblegum flavour21. » CSI est une série qui s’intéresse aux crimes et non aux criminels. Ce n’est pas une série de profilers mais de scientifiques.
32Cette dualité sérielle est d’ailleurs l’enjeu central de l’irruption du personnage de Mike Keppler (dans tous les sens du terme puisque ce dernier apparaît à l’épisode 12, autrement dit au milieu de la saison). Ce personnage qui remplace Grissom, parti enseigner quelques semaines à l’autre bout des États-Unis, vient lui aussi apporter sa part de déstabilisation à la formule sérielle. Mike Keppler, personnage au passé lui-même trouble (il est lié à une sombre affaire de meurtre), semble venir d’une série policière de criminels et non de crimes. Il est ainsi l’ajout narratif combinant dimension psychologique et émergence feuilletonnante car il s’intéresse au profilage criminel ; ses méthodes sont parfois à la limite de l’éthique ; et il est hanté par un passé irrésolu.
Fig. 10, 11 & 12 – Mike Keppler un personnage de série de profileurs déstabilisant la formule sérielle
33Dès lors, il se confronte violemment à Catherine qui, en l’absence de Grissom, demeure la gardienne de la formule originelle de CSI. Cette lutte des protagonistes et des formules qu’ils incarnent verra in fine la liquidation de l’élément contaminant « Keppler » dont l’arc narratif va se refermer, permettant le retour du personnage de Grissom.
Fig. 13 & 14 – Liquidation de l’agent contaminant de la formule sérielle
34La dimension psychologique est évacuée de cet arc narratif lié à Keppler mais se poursuit dans celui du « miniature killer » et mettra même en jeu la relation sentimentale entre Grissom et Sara. En effet, le tueur en série, qui se révélera être une femme, a kidnappé, par jalousie, la compagne de Grissom. Dans l’une des dernières séquences de la saison, alors que le « miniature killer » vient d’être arrêté et que Grissom procède à son interrogatoire, nous découvrons une facette affective jusqu’alors peu visible du protagoniste. Flattant la meurtrière afin qu’elle lui révèle où se trouve Sara, Grissom se laisse aller à une manipulation psychologique et sentimentale inhabituelle, lui qui ne jure que par la preuve. C’est alors que la tueuse, découvrant le stratagème, sort une arme et lui tranche la gorge. Grissom vient d’être assassiné. Bien évidemment, le plan suivant indique que nous étions dans l’illusion de la subjectivité du meurtrier. Il s’agissait d’une nouvelle et ultime manifestation de l’effet réflexif inquiétant du « miniature killer », transformant les protagonistes enquêteurs en victimes. Ici, la virtualité narrative de l’assassinat de Grissom montre que l’excès passionnel est bien destructeur. Il est une illusion mortelle. L’excès de passion semble au cœur de l’éthique de la série : c’est le débordement passionnel qui entraîne le crime et c’est par la raison que l’on peut établir cette vérité. Grissom ne peut raisonnablement souscrire à ce type de « sentimentalité » sous peine de mettre à mort la formule originelle de CSI. In fine, la confrontation avec le « miniature killer » aura donc, par sa déstabilisation initiale et récurrente, remis en lumière l’enjeu éthique central de la série autour du caractère néfaste des passions, par opposition au caractère raisonné incarné par les méthodes scientifiques policières.
35Cette mise en échec de la formule par le « miniature killer » affecte la caractérisation des protagonistes mais également la formule originelle dans les épisodes isolés. En effet, une brèche semble s’ouvrir tout au long de la saison sur ce front, symbole d’une lutte permanente entre un modèle originel et des variations expérimentales de celui-ci. Une reconfiguration tant sur les registres que la focalisation narrative se dessine constamment.
36Ainsi, l’épisode 21, intitulé « Un homme au tapis », possède un ton indéniablement comique, qui est inhabituel pour la série. Dans ce dernier, l’équipe de scientifiques enquête sur le meurtre d’un odieux personnage de boxer mort dans une maison close. Déployant son caractère absurde jusqu’à sa conclusion, l’enquête restera irrésolue car il est impossible de déterminer scientifiquement l’origine de la mort et donc d’identifier formellement l’assassin parmi la pléthore de suspects qui ont tenté de le tuer. Finalement, c’est une chaise dont le pied se brise accidentellement qui sera, dans le rapport du médecin légiste, la cause de la mort par arrêt cardiaque de la victime : la formule épisodique est ainsi mise en échec, sur un ton auto-parodique, symbole de la crise que cette dernière traverse tout au long de la 7e saison.
- 22 Robert Stam, op. cit., p. 135 : « Literary modes and paradigms, like social orders and philosophica (...)
37Cette tendance comique et plus particulièrement parodique laisse penser qu’il peut s’agir de symptômes de la crise du modèle formulaire que rencontre CSI en cette 7e saison. En effet, comme le rappelle Robert Stam, la parodie apparaît quand une forme d’art conventionnelle est dépassée et peut donc être moquée22.
- 23 Chapitre 1 : Les fleurs du mal (enquête de Catherine) / Chapitre 2 : L’écervelée (enquête de Warric (...)
38Les épisodes isolés 3 et 8, comme l’épisode 20, proposent des expérimentations narratives en lien avec la focalisation. Dans l’épisode 3 nous suivons quatre enquêtes qui sont racontées successivement (une à chaque acte) par les cadavres allongés à la morgue. L’épisode est ainsi segmenté en quatre chapitres aux titres souvent référentiels23. Variant les registres de chaque récit (romantique, comique, horrifique, etc.) et optant pour la juxtaposition en lieu et place de l’imbrication habituelle, cette expérimentation narrative et focale épisodique questionne justement la question du lien narratif dans une série formulaire. La conclusion de l’épisode, dans lequel Grissom, dans la morgue, devant les cadavres qui ont raconté leurs récits et surtout face à des étudiant.e.s en médecine légale, rappelle (ou réapprend) l’enjeu formulaire éthique de CSI. « Les morts ne peuvent pas parler pour eux-mêmes », assène Grissom et tout l’enjeu des scientifiques sera de faire parler les morts afin de révéler la vérité de leurs morts et d’attraper leurs assassins.
39De la même façon, l’épisode 8 semble débuter par deux enquêtes différentes mais on découvre rapidement (ce que le montage alterné parallèle laissait entendre toutefois dès le pré-générique) que les deux victimes sont liées. En effet, allongées côte à côte à la morgue, les deux femmes se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Le médecin légiste révèle alors qu’elles sont de véritables jumelles… mais qu’elles ne se connaissaient pas ! Dès lors, l’enjeu narratif est formulé explicitement par Catherine et Grissom : s’agit-il d’une simple coïncidence ? Ou y a-t-il un lien entre ces deux morts ? Le pari est lancé et donnera ainsi l’occasion aux téléspectateur.rice.s de réfléchir aux enjeux narratifs mais également éthiques et philosophiques de la formule narrative de CSI : quel est le lien fondamental qui unit chaque enquête épisodique dès lors qu’elles ne sont pas reliées ?
40L’épisode 20, quant à lui, propose un décentrement de la focalisation narrative en mettant David Hodges, technicien de laboratoire et personnage secondaire récurrent, au centre du récit avec les autres techniciens (Archie – Archie Kao, Wendy – Liz Vassey, Henry – John Wellner – et Mandy - Sheeri Rappaport). Ce dernier, voulant se montrer à son avantage auprès de Grissom qu’il admire, décide de reprendre les indices concernant l’affaire du « miniature killer » pour faire avancer l’enquête. Ainsi, l’épisode, fonctionnant comme un résumé de l’arc narratif principal de la saison, effectue un pas de côté en délaissant les protagonistes le temps de sa durée et en mettant en son centre les personnages secondaires et normalement périphériques. Comment analyser cette expérimentation épisodique ? Que penser de la mise à la marge des protagonistes habituels et de l’émergence des personnages secondaires ? On pourrait voir ce décentrement comme une volonté de provoquer de l’attachement avec des personnages périphériques du récit mais pourtant essentiels car ce sont eux qui permettent les analyses des indices qui font avancer les enquêtes. Mais ce décentrement pourrait aussi être vu comme un recentrement vers le modèle originel de la formule car les « rats de laboratoire » (titre de l’épisode) vont, dans l’espace réduit du commissariat, tenter de faire parler les indices par les moyens de l’enquête scientifique et de l’analyse et non via les techniques de l’enquête policière que mène souvent les enquêteurs dans le monde extérieur.
41De manière peut-être plus subtile encore, les épisodes isolés plus canoniques semblent eux-mêmes atteints par une reformulation insidieuse. Là où la formule pouvait mettre en évidence deux ou trois enquêtes par épisode, de nombreux épisodes semblent se recentrer sur une seule enquête et un seul crime et donc sur un nombre restreint de personnages qui vont, dès lors, faire l’objet d’un approfondissement psychologique. C’est notamment le cas des épisodes 5 et 6, dont les principaux suspects sont un prêtre, pour le premier, et un pédophile notoire pour le deuxième. D’ailleurs, on remarque que dans ces deux épisodes précis, une reconfiguration vers la dimension psychologique est évidente puisque le nombre de séquences d’interrogatoire est plus important que les séquences de relevés et d’analyse d’indices. Ainsi, sur les 34 séquences de l’épisode 5, 13 sont consacrées à l’analyse d’indices tandis que 16 sont dévolues aux interrogatoires. Dans l’épisode 6, nous assistons au même rééquilibrage du type de séquences avec 13 dédiées à l’analyse et 15 pour les interrogatoires. La place accordée à la psychologie des personnages semble ainsi même contaminer les personnages invités des épisodes formulaires isolés.
42Ces quelques exemples, ainsi que nos analyses générales, montrent que la 7e saison de CSI est soumise à de nombreuses expérimentations, tant au niveau de la macro-structure qui s’essaye au feuilletonnant, qu’au niveau micro-structurel, en faisant varier la formule narrative, esthétique et générique de la série. Ces variations nombreuses et expérimentales, permises par la réflexivité introduite par le « miniature killer » saisonnier, introduisent une dynamique qui permet de relancer la formule de la série (en crise) tout en la questionnant. Comme il appartient aux enquêteurs et enquêtrices de faire le lien entre la maquette reproduite par l’assassin en série et la véritable scène de crime, nous devons mettre en comparaison, en tant que téléspectateur.rice.s, la formule sérielle telle que nous la connaissions jusqu’alors, au miroir de ses nouvelles variations. Ce miroitement ouvre ainsi (ou est censé ouvrir) de nouvelles potentialités à l’intérieur du modèle formulaire de CSI. Cette 7e saison nous rappelle que toute formule sérielle, aussi stable et répétée soit-elle, est toujours une virtualité, une série d’actualisations possibles et possiblement infinies de variations auxquelles il faut faire attention. Toutefois, le « miniature killer », émanation réflexive d’un modèle formulaire en crise, notamment par sa dimension feuilletonnante au long cours, semble être l’émanation d’une série policière sur les criminels, dont l’originalité de CSI est par essence aux antipodes. Si la réflexivité en abyme des miniatures relance l’attention aux détails, le caractère feuilletonnant et psychologisant, semble mettre à mal la matrice formulaire de la série.
43Cette 7e saison, pourtant marquée du sceau du renouvellement formulaire et de l’originalité, n’aura d’ailleurs finalement pas le succès escompté. La baisse de l’audience est confirmée et ne s’arrêtera plus. La 8e saison qui verra in fine la disparition du personnage emblématique de Warrick Brown sera suivie par 18,5 millions de téléspectateurs américains en moyenne. Il faudrait donc voir en cette 7e saison non pas tant les moyens de relancer un modèle en crise que le simple symptôme d’une formule sérielle en voie de déclin.